Migrants à la frontière polonaise, le ton monte entre l'UE et la Biélorussie

 L'Union européenne (UE) a une nouvelle fois accusé mardi les autorités biélorusses d'instrumentaliser la question des migrants, alors que des milliers de personnes sont massées dans des campements de fortune, par une température glaciale, à la frontière avec la Pologne.

Le porte-parole de la Commission européenne Peter Stano a accusé le président biélorusse Alexandre Loukachenko de se comporter "comme un voyou" en jouant avec la vie des migrants, acheminés par milliers dans son pays, selon Bruxelles, pour faire pression sur l'UE après l'adoption de sanctions contre Minsk pour violations des droits humains.

L'UE, qui refuse de céder au chantage de Minsk, envisage d'imposer de nouvelles sanctions à la Biélorussie en réponse à cette crise. Le prochain Conseil européen des affaires étrangères est prévu le 15 novembre prochain.

Les autorités polonaises, qui disent avoir empêché des milliers de migrants de traverser la frontière lundi, ont fermé mardi matin le poste-frontière de Kuznica, situé près du lieu où sont rassemblés les migrants. Varsovie s'attend à de nouvelles tensions à la frontière après les heurts qui ont éclaté lundi. Selon les chiffres officiels polonais, au moins sept migrants ont péri en tentant d'entrer en Pologne depuis le début de cette crise inédite il y a un mois.

"Le régime biélorusse attaque la frontière polonaise d'une manière sans précédent", a déclaré le président polonais Andrzej Duda, pendant une conférence de presse. "Il y a un camp dans lequel les migrants sont bloqués du côté biélorusse de la frontière. Ils sont environ un millier, en majorité des hommes jeunes. Nous nous devons de repousser ces agressions", a-t-il ajouté.

La Russie alliée

Fort du soutien inconditionnel de la Russie, Alexandre Loukachenko nie toute responsabilité dans cette crise. Il a martelé que son pays "ne se mettra pas à genoux" devant l'UE, tout en assurant qu'il "ne cherchait pas la bagarre", conscient du risque d'engrenage en cas de conflit armé.

Le président biélorusse et son homologue russe Vladimir Poutine se sont au contraire inquiétés lors d'un entretien téléphonique du déploiement de soldats polonais le long de la frontière, a rapporté mardi l'agence de presse biélorusse Belta.

Le ministère biélorusse des Affaires étrangères a accusé Varsovie de se livrer à des "provocations", tandis que le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a suggéré que l'UE verse une aide financière à la Biélorussie pour gérer l'afflux de migrants, comme elle le fait avec la Turquie.

A Paris, le Quai d'Orsay a fait savoir dans un communiqué que Moscou avait refusé la tenue d'une réunion ministérielle en "format Normandie" - composé de la France, l'Allemagne, la Russie et la Biélorussie, et mis en place lors du conflit en Ukraine pour rétablir le dialogue.

"Un comportement inhumain"

La Commission européenne accuse Minsk de faciliter l'arrivée de migrants principalement originaires du Moyen-Orient en leur délivrant des visas et de les pousser à se rendre à la frontière, cela afin de se venger des sanctions européennes adoptées à l'encontre du pays pour sa répression de l'opposition depuis la présidentielle de 2020.

"C'est un exemple du comportement de voyou et inhumain du régime Loukachenko, qui ment aux gens, les manipule et les attire en Biélorussie avec la fausse promesse de les aider à entrer facilement dans l'Union européenne", s'est ému Peter Stano à Bruxelles, annonçant une intervention auprès de 13 pays pour qu'ils empêchent leurs ressortissants de s'embarquer pour la Biélorussie (lire l'encadré).

Selon la Commission, quelque 2000 migrants sont massés du côté biélorusse de la frontière. L'exécutif européen s'est dit prêt à fournir une aide à la Pologne.

Un porte-parole de l'armée polonaise a accusé les garde-frontières biélorusses de tirer des coups de feu en l'air pour semer la panique parmi les migrants et les inciter à franchir les barbelés érigés par la Pologne. Il les a aussi accusé de sectionner les barbelés pour faciliter le passage des migrants.

Freedom1 / agences

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