Livres. « La Nuit. Le sommeil. La mort. Les étoiles » : Joyce Carol Oates tue le patriarche

 Dans « La Nuit. Le sommeil. La mort. Les étoiles », un notable meurt, laissant une veuve et cinq enfants. Et la romancière de dérouler, captivante, cette mort et ces vies.

Ce n’était pas pour cette année encore. Comme Philip Roth ou Don DeLillo, Joyce Carol Oates finira-t-elle par faire partie de ces grands Américains oubliés du Nobel ? Eternels favoris, éternels déçus. Sa consécration pouvait se discuter, il y a quelques années. (Oates la frénétique écrit dans une abondance telle que sa production, une soixantaine de romans traduits, est nécessairement inégale.) Mais force est de constater que le temps « vieillit » certaines plumes comme il le fait des meilleurs vins. Les grands Oates se succèdent depuis Un livre de martyrs américains (Philippe Rey, 2019). Enorme saga empruntant son titre à un poème de Walt Whitman (1819-1892), La Nuit. Le sommeil. La mort. Les étoiles est de ceux-là. Difficile à refermer. Divinement long en bouche.

Deux décharges de Taser

Au contraire d’un DeLillo, Oates ne « prédit » pas l’histoire de l’Amérique. Elle capture l’air du temps, le met en bouteille, en examine les reflets sous tous les angles, nous en montre les couleurs, les infinies nuances… 

« La Nuit. Le sommeil. La mort. Les étoiles » (Night. Sleep. Death. The Stars), de Joyce Carol Oates, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Claude Seban, Philippe Rey, 924 p., 25 €, numérique 17 €.

Par Florence Noiville - Le Monde Culture 

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