Débat. « Laboratoire des horreurs » : le scandale sanitaire qui ébranle le Brésil

 Des médecins ont révélé que des médicaments avaient été testés sur des patients non consentants atteints du Covid-19, indique « Courrier international ».

C'est un scandale sanitaire qui secoue le Brésil. Depuis plusieurs jours, la commission d’enquête parlementaire (CPI) du Sénat brésilien s’intéresse à un groupement hospitalier national et service de mutuelle, Prevent Senior. Un dossier de 10 000 pages mettant en cause une étude expérimentale menée sur des patients atteints du Covid-19 a été révélé par un groupe de 15 médecins et anciens médecins de l’entreprise, rapporte Courrier international, citant la chaîne brésilienne GloboNews. Le groupement hospitalier, lui, nie les faits.

Ces professionnels de santé ont tiré la sonnette d’alarme. Ils expliquent avoir subi des pressions pour administrer un « kit Covid » à leurs patients, qu’ils qualifient même de « cobayes humains ». L’étude n’avait par ailleurs pas recueilli l’autorisation du Comité national d’éthique, ni le consentement des malades et de leurs familles. Le traitement était composé de plusieurs médicaments – qui n’ont pas prouvé leur efficacité contre le Covid-19 : l’hydroxychloroquine, l’ivermectime, ainsi que l’azithromycine. Neuf patients seraient morts, selon le dossier.

Le plan a été « encouragé » par Bolsonaro

Un des lanceurs d’alerte a expliqué que l’étude avait été manipulée afin de démontrer l’efficacité de l’hydroxychloroquine. Prevent Senior, qualifié par l’hebdomadaire Istoé de « laboratoire des horreurs », aurait également supprimé des statistiques les décès de patients atteints du Covid-19 ayant été hospitalisés plus de deux semaines.

Les médecins ont également indiqué que l’étude était « le résultat d’un accord entre le gouvernement Bolsonaro et Prevent ». Cette dernière avait en outre été « divulguée et vantée » par Jair Bolsonaro, le président brésilien. Le « cabinet parallèle », composé des proches du président, aurait aussi eu un rôle central dans l’affaire. Ses membres auraient ainsi donné des « conseils informels » à Jair Bolsonaro sur sa gestion de la pandémie.

L’avocate des 15 médecins et ex-médecins a affirmé que le plan avait été « encouragé » par Jair Bolsonaro, qui souhaitait un « remède magique » afin de mener à bien sa stratégie contre le Covid-19.

Freedom1 - LePoint.fr

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