Effervescence diplomatique régionale autour de la situation politique en Tunisie

 Le coup de force du président tunisien Kaïs Saïed, le 25 juillet, a redistribué les cartes de la géopolitique régionale au profit de l’axe Egypte-Emirats arabes unis.

Le coup de force du président tunisien Kaïs Saïed, qui s’est arrogé les pleins pouvoirs le 25 juillet et a reconduit le 23 août, sine die, ce régime d’exception, rebat les cartes de la géopolitique régionale.

La nouvelle séquence politique en Tunisie, dont la principale victime est Ennahda, formation issue de la matrice islamiste, est à l’évidence une très bonne nouvelle pour l’axe composé de l’Egypte, des Emirats arabes unis et de l’Arabie saoudite, engagés dans une âpre lutte contre l’influence des Frères musulmans, tout en cherchant à miner la moindre expérience de modèle démocratique susceptible de faire tache d’huile. 

Les officiels et les médias de ces Etats ont salué avec chaleur les « mesures exceptionnelles » de Kaïs Saïed et les visites de diplomates de haut rang se succèdent à Tunis depuis un mois, la dernière en date étant celle, le 22 août, du ministre saoudien des affaires africaines.

En revanche, l’axe Turquie-Qatar, dont Ennahda était proche, est le grand perdant de cette reconfiguration diplomatique autour de la Tunisie. L’Algérie, de son côté, observe « avec beaucoup d’attention, et même d’inquiétude » – selon le mot d’un diplomate occidental – l’évolution de la situation, dont elle subirait le contrecoup sur sa frontière en cas d’instabilité. 

Par Frédéric Bobin - Le Monde Afrique

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