Bélarus. Aucune perspective de justice pour les victimes de violations des droits humains un an après l’élection contestée

 Dans le sillage de l’élection présidentielle largement contestée de 2020, les autorités du Bélarus ont mis en œuvre une campagne de représailles violente contre la dissidence et ont commis toute une série de violations des droits humains et de crimes de droit international à l’encontre de la population du Bélarus, a déclaré Amnesty International à l’occasion du premier anniversaire de cette élection.

Ces violations comprennent notamment l’usage illégal de la force, la détention arbitraire, la torture et d’autres formes de mauvais traitements, les disparitions forcées et les enlèvements, ainsi que les poursuites à caractère politique reposant sur des accusations fallacieuses. Des dizaines d’ONG de défense des droits humains et d’organisations de la société civile ont été fermées arbitrairement et beaucoup de leurs membres du personnel ont été arrêtés en tant que suspects dans des affaires pénales montées de toutes pièces ou contraints à l’exil. Au moins trois manifestants pacifiques sont décédés des suites de l’usage de la force par la police, tandis que des dizaines de milliers de manifestant·e·s ont été soumis à des arrestations arbitraires et à de la détention. Des centaines d’autres personnes se sont plaintes d’avoir subi des actes de torture. Ces violations n’ont fait l’objet d’aucune enquête, et les responsables présumés n’ont pas été poursuivis.

« Au cours de l’année écoulée, des milliers de manifestant·e·s pacifiques et de personnes ayant des opinions dissidentes ont été détenus arbitrairement, contraints à l’exil ou vivent dans la peur de faire l’objet de poursuites ou d’emprisonnement arbitraires. Des centaines d’entre eux ont déjà été incriminés en tant que suspects dans des affaires pénales ou condamnés et envoyés en prison pour de longues peines ; un mineur fait notamment partie de ces cas. La crise des droits humains qui se déroule actuellement au Bélarus est une saga d’horreur et de désespoir, sans aucune fin à l’horizon », a déclaré Marie Struthers, directrice pour l’Europe de l’Est et l’Asie centrale à Amnesty International.

Les crimes de droit international commis à l’encontre de la population du Bélarus ne connaissent aucun délai de prescription. Le reste du monde ne doit pas rester un observateur passif. 

Marie Struthers, directrice pour l’Europe de l’Est et l’Asie centrale à Amnesty International

« Les crimes de droit international commis à l’encontre de la population du Bélarus ne connaissent aucun délai de prescription. Le reste du monde ne doit pas rester un observateur passif. Ce chapitre sombre ne se terminera que lorsque la dernière victime de ces violations des droits humains au Bélarus aura obtenu réparation, et que tous les responsables présumés de ces violations des droits humains seront traduits en justice. »

Complément d’information

Amnesty International a suivi de près la progression des événements au Bélarus au cours de cette dernière année, et a publié un rapport qui montre comment les autorités du Bélarus ont utilisé le système judiciaire comme un outil de répression pour punir les victimes de torture plutôt que les responsables présumés. Amnesty International a également lancé la campagne de solidarité mondiale #StandWithBelarus qui a dévoilé les représailles violentes du gouvernement à l’encontre de personnes issues de tous les horizons, des femmes, des enfants, des étudiant·e·s, des retraité·e·s, du personnel soignant, des artistes, des athlètes, des syndicalistes, et bien d’autres encore.

Freedom1 / Amnesty International 

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