Lex Sloan : « Le cinéma virtuel permet d’élargir l’audience »

 La directrice du Roxie de San Francisco, un des plus anciens cinémas des Etats-Unis, estime que la pandémie de Covid-19 a permis aux indépendants de se réinventer.

Fondé en 1909, le Roxie Theater de San Francisco se flatte d’être l’un des plus anciens cinémas aux Etats-Unis. La pandémie l’a contraint à se réinventer mais il a trouvé le moyen de rester en activité, comme l’ensemble des cinémas historiques de la ville, grâce au soutien du public. Pour Lex Sloan, sa directrice, les cinémas indépendants ont une carte à jouer dans l’après-pandémie. Leur atout : la confiance du public.

Comment avez-vous traversé l’année ?

Nous avons été très occupés. En 2020, nous avons été le premier cinéma à fermer, le vendredi 13 mars. Avant même l’ordre officiel, mais nous étions inquiets pour la santé du public. Deux semaines plus tard, nous avons rouvert, en partenariat avec des distributeurs indépendants et des réalisateurs locaux, sous forme de « cinéma virtuel » [les spectateurs regardent le film en streaming sur le site du distributeur qui partage les bénéfices avec la salle].

Ça n’a été qu’une goutte d’eau dans la mer, par rapport à nos recettes normales mais ça a été une manière de garder les gens engagés, de montrer que nous étions encore là. A la fin de l’été, nous avons été contactés par le festival de Sundance pour servir d’« écran satellite » à leur manifestation. Nous avons aussi montré des films au drive-in qui a ouvert après la pandémie à Fort Mason. Maintenant, on est en train de pivoter vers la réouverture.

Est-ce que vous pouvez quantifier la chute de revenus ?

Le cinéma virtuel, ça ne représente qu’à peine 10 % du chiffre d’affaires normal. Le drive-in ne rapporte rien, mais ce n’est pas pour ça que nous le faisons : c’est pour que les gens continuent à avoir envie de revenir. Nous avons dû licencier douze personnes : les caissiers, les vendeurs de boissons. Le premier prêt du gouvernement a été très utile pour payer les salaires. Depuis, nous avons déposé plus de dix dossiers de demande d’aide, sans succès. Nous sommes actuellement en liste d’attente pour le sixième tour du programme d’aide aux opérateurs de salles fermées. Le site a ouvert le 8 avril. Il a été débordé en quelques heures.

Propos recueillis par Corine Lesnes(San Francisco, correspondante) - Le Monde

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