Analyse. L’aide pour la Syrie se réduit malgré l’urgence humanitaire

 La Ve conférence des donateurs pour la Syrie, organisée par l’ONU et l’Union européenne, n’a récolté que 6,4 milliards de dollars de promesses d’ici à 2022, bien loin des objectifs fixés par les Nations unies.

Entre crise économique, sanitaire, lassitude des pays donateurs et calculs politiques des puissances impliquées dans le conflit syrien, les acteurs humanitaires ne cachaient ni leurs craintes ni leur scepticisme lors de la Ve conférence des donateurs pour la Syrie, organisée par les Nations unies et l’Union européenne, lundi 29 et mardi 30 mars.

L’ONU avait appelé à des dons d’au moins 10 milliards de dollars (8,5 milliards d’euros) pour l’année en cours, rappelant que 24 millions de personnes ont besoin de soutien en Syrie et dans la région, soit 4 millions de plus qu’en 2020. L’objectif affiché était de collecter « au moins 4,2 milliards de dollars pour la réponse humanitaire à l’intérieur de la Syrie et 5,8 milliards supplémentaires pour soutenir les réfugiés et les communautés d’accueil dans la région », avaient précisé les Nations unies.

Avec seulement 4,4 milliards de dollars de promesses pour 2021, et 2 milliards pour 2022 et les années suivantes, selon un premier décompte fait par le commissaire européen Janez Lenarcic, on est loin du compte. Le montant des promesses « confirme les craintes que les donateurs n’entendent pas les appels de millions de Syriens qui ont fui leurs foyers et dont les vies ont été déchirées par dix ans de guerre », s’est alarmée l’ONG Oxfam. « La situation empire », avait pourtant alerté le secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires humanitaires, Mark Lowcock.

6,2 millions de déplacés internes

Sur le terrain, la vulnérabilité des populations syriennes, en Syrie même comme dans les pays environnants, continue de s’aggraver. Loin du « retour à la normale » vanté par le régime de Damas, qui a repris le contrôle de plus de 70 % du territoire ces dernières années, reléguant dans les marges du pays près de 3 millions de personnes dans la région d’Idlib, la dernière zone encore aux mains de la rébellion dans le Nord-Ouest ; quelque 2,6 millions..

Par Madjid Zerrouky - Le Monde

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