Amnesty lance son premier appel aux dons d’urgence pour faire barrage aux mesures de plus en plus hostiles aux droits humains de par le monde

 Les défenseur·e·s des droits humains et les ONG, dont Amnesty International elle-même, sont pris pour cibles alors que les autorités de par le monde piochent dans le même manuel de stratégies pour faire taire les critiques.

Amnesty International lance le 5 février 2021 son tout premier appel aux dons d’urgence, demandant aux sympathisant·e·s du monde entier de contribuer à faire barrage à l’offensive croissante menée contre les journalistes, les avocat·e·s, les militant·e·s et les organisations de défense des droits humains qui œuvrent à défendre et à promouvoir ces droits à travers le monde.

Elle a pointé les récentes attaques des États ou soutenues par les États contre son propre personnel et ses bureaux, illustration de l’audace croissante des gouvernements hostiles à l’égard des droits humains. En 2020, le bureau d’Amnesty International Inde a dû cesser son travail, ses comptes bancaires ayant été gelés à la suite d’une série de descentes et d’une campagne de diffamation très médiatisée. Amnesty International Nigeria est toujours la cible de menaces de violences du fait de son travail de défense des droits humains. Et de hauts responsables d’Amnesty International Turquie ont été incarcérés pour des accusations fallacieuses de « terrorisme » en 2017.

Rien de bien nouveau concernant la stigmatisation et les attaques visant celles et ceux qui dénoncent les violations des droits humains et critiquent ouvertement les abus de pouvoir. Pourtant, c’est l’ampleur de cet assaut qui est à la fois nouvelle et très préoccupante. Amnesty International fait front commun avec les ONG et les défenseur·e·s des droits humains du monde entier, dont un grand nombre sont confrontés à de graves risques, sans être dûment protégés ni bénéficier d’une visibilité suffisante. 

Julie Verhaar, secrétaire générale par intérim d’Amnesty International

« S’agissant d’Amnesty International, notre capacité à résister à ces attaques et à poursuivre notre travail essentiel et indépendant en faveur de la protection des droits humains – notamment pour soutenir les défenseur·e·s en danger – dépend du soutien et des dons volontaires de celles et ceux, sur toute la planète, qui partagent notre vision d’un monde où chacun·e jouit de ses droits fondamentaux. Nous lançons cette campagne dans l’espoir de mobiliser encore plus de soutien.

« Une feuille de route ouvertement hostile aux droits humains ne cesse de gagner du terrain parmi les leaders du monde – surtout parmi les dirigeant·e·s populistes qui véhiculent des discours toxiques favorisant la division et la peur. Parallèlement, le fait qu’ils se livrent à des attaques de plus en plus effrontées et meurtrières contre ceux qui osent contester leurs abus de pouvoir montre à quel point ils sont en fait précaires. »

Pourquoi cet appel ? Pour aider les personnes – journalistes, avocats et militants notamment, mais aussi employés d’ONG – qui défendent les droits humains, à poursuivre leur travail essentiel afin qu’elles puissent dénoncer ces graves abus sans crainte de représailles. Les dons reçus dans le cadre de l’appel d’urgence mondial lancé par Amnesty nous aideront à faire campagne au nom des victimes de violations des droits humains et à apporter un soutien efficace à ceux qui sont menacés. Par exemple en finançant la réinstallation urgente de personnes en danger et en apportant une aide juridique à ceux qui sont pris dans les filets de poursuites malveillantes découlant de leur travail légitime, ou encore en couvrant les frais médicaux pour les victimes d’actes de torture et de mauvais traitements.

Les droits humains menacés

Comme le montrent les investigations d’Amnesty International, les leaders du monde entier puisent sans scrupules dans le même manuel pour faire taire leurs détracteurs et piétiner les droits humains. Ces stratégies englobent la surveillance intrusive, le harcèlement judiciaire fondé sur le détournement de lois définies de manière vague, les descentes et les actes d’intimidation imputables aux forces de sécurité étatiques, ainsi que l’utilisation de lois néfastes.

En 2020, le président des Philippines Rodrigo Duterte a promulgué la Loi antiterroriste qui confère au gouvernement des pouvoirs élargis et illimités permettant de qualifier les militant·e·s et les critiques de terroristes et de les poursuivre en justice.

Le président brésilien Jair Bolsonaro met en pratique un discours agressif à l’égard des droits humains par l’intermédiaire de mesures administratives et législatives qui ont cherché à maintes reprises à restreindre les activités des organisations de la société civile. Depuis son arrivée au pouvoir en 2019, les menaces et les attaques contre les défenseur·e·s des droits humains ont nettement augmenté.

Au cours des derniers jours de l’année 2020, le Parlement turc a adopté à la hâte une nouvelle législation, soi-disant pour prévenir la prolifération du financement des armes de destruction massive, mais qui a en réalité d’énormes répercussions sur le travail des organisations de la société civile et leur capacité à collecter des fonds.

De nombreux pays dans le monde se servent de la pandémie de COVID-19 comme d’une excuse pour adopter de nouvelles lois restrictives. En Hongrie, le gouvernement du Premier ministre Viktor Orban a modifié le Code pénal, ajoutant de nouvelles dispositions qui menacent les journalistes et d’autres personnes de peines de prison allant jusqu’à cinq ans pour « diffusion de fausses informations » au sujet du COVID-19.

Freedom1 / Amnesty International 

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