36es Victoires de la musique : Benjamin Biolay et Pomme sacrés

 Le chanteur a reçu le prix du meilleur album et celui d’artiste masculin de l’année, tandis que la jeune Pomme a été sacrée artiste féminine.

Et c'est un doublé pour Benjamin Biolay ! Son dernier opus Grand Prix lui a valu la Victoire du meilleur artiste masculin de l'année en plus de celle de meilleur album, au cours des 36es Victoires de la musique, diffusées sur France 2, vendredi 12 février. Une cérémonie particulière, organisée en pleine pandémie, alors que le secteur culturel se languit de pouvoir reprendre ses activités. La soirée est devenue tribune en soutien au spectacle vivant sinistré par la crise sanitaire. « Ça n'a pas été une année très victorieuse pour la musique », a lâché Benjamin Biolay.

Et de tacler le « silence assourdissant des pouvoirs publics » face à la situation de la filière musicale, en général, et de la scène, en particulier, impactées par la fermeture des lieux culturels. Ces récompenses sont les 5es et 6es Victoires de la musique pour le quadragénaire, figure incontournable de la scène musicale française. Grand Prix est un disque-concept irrigué par sa passion pour la Formule 1 et porté par le tube « Comment est ta peine ? ».

Pomme, Camille Lellouche et Grand Corps Malade sacrés

Pomme, chanteuse aux textes sensibles et voix du mouvement #MeToo dans la musique, a été sacrée artiste féminine de l'année lors de ces Victoires de la musique. À 24 ans, c'est sa deuxième Victoire, après le titre d'album révélation glané l'an passé pour « Les Failles ». Jeudi, à la veille de la cérémonie, elle a écrit avoir été « manipulée, harcelée moralement et sexuellement, sans en avoir conscience » à ses débuts, dans une lettre ouverte publiée dans Mediapart. En recevant son prix, elle a souhaité une « industrie [musicale] plus safe [sûre] pour les femmes », en espérant que ces dernières puissent « renverser les codes » du milieu.

« Mais je t'aime », de Grand Corps Malade et Camille Lellouche, a été désignée meilleure chanson. Jean-Louis Aubert, président d'honneur, a d'ailleurs ouvert la cérémonie en entonnant à la guitare « Je rêvais d'un autre monde… », premières paroles d'un tube de Téléphone à forte portée symbolique en cette période troublée. « Président, ce n'est pas facile par les temps qui courent, car le présidentiel a été remplacé par le présentiel », a ensuite ironisé Jean-Louis Aubert dans son discours inaugural. Grinçant, il a profité « de la présence ou de l'absence de la ministre de la Culture » Roselyne Bachelot pour lui réclamer de « continuer à prendre soin des musiciens, des équipes techniques, des organisateurs de spectacle », le temps que la situation revienne à la normale.

Une victoire d'honneur pour Jane Birkin

Bien présente, Roselyne Bachelot a réaffirmé son soutien aux artistes, auprès de l'Agence France-Presse. « Les artistes ne peuvent pas pour l'instant se produire sur scène, mais je travaille d'arrache-pied de jour comme de nuit avec eux pour bâtir un modèle résilient qui va nous permettre de traverser cette crise. Je suis avec les artistes et je leur souhaite beaucoup de courage. Je suis avec eux », a-t-elle affirmé en coulisses.

Pour ce qui est des autres prix déjà attribués, une Victoire d'honneur a été remise à Jane Birkin, en baskets comme à son habitude, pour l'ensemble de sa carrière. Le meilleur clip est revenu à Julien Doré, pour Nous, avec ses deux dinosaures malicieux. La cérémonie, régulièrement accusée de snober les gros vendeurs du moment – issus des musiques urbaines –, a aussi mis en valeur le titre le plus streamé (plus de 101 millions de fois) entre décembre 2019 et novembre 2020, « Ne reviens pas », de Gradur et Heuss l'Enfoiré.

Freedom1Culture / AFP

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