Les églises prises pour cibles par les manifestants pro-IVG en Pologne

Les manifestations pro-avortement ont pris une nouvelle tournure en Pologne, dimanche 25 octobre, quand des protestataires ont investi des églises. Le lendemain, la mobilisation bloquait plusieurs villes.

Au quatrième jour d'une révolte contre une interdiction quasi-totale de l'avortement décidée dans ce pays de l'Union européenne, les manifestants ont visé dimanche 25 octobre plusieurs églises. Ils y ont d'une part brandi des pancartes et scandé des slogans, comme par exemple dans une cathédrale de la ville de Poznan. Cette scène s'est répétée à travers cette Pologne profondément catholique. Les militantes et militants ont d'autre part inscrit plusieurs graffitis à même les murs de différents édifices religieux comme celui-ci: "L'enfer des femmes", graffiti qui désigne donc sans équivoque les instances religieuses très conservatrices, dont le pouvoir dirigé par le parti Droit et Justice est très proche.

Lundi, la mobilisation a bloqué plusieurs villes avec des pancartes mentionnant par exemple "C'est la guerre!", "Nous voulons avoir le choix" ou "Vous avez du sang sur vos mains". A Varsovie, elle a paralysé le centre-ville.

Droit restreint

Ces manifestations font suite à une décision du Tribunal constitutionnel polonais, prise jeudi dernier, qui restreint le droit à l'avortement aux seuls cas de danger de mort pour la femme enceinte et de grossesses résultant d'un viol ou d'un inceste. Cette décision a été prise conformément au souhait du parti au pouvoir, ultracatholique et nationaliste. 

A noter que s'il y a moins de 2000 avortements légaux dans ce pays chaque année, les groupes féministes estiment à plus de 200'000 par an les IVG (Interruptions volontaires de grossesse) illégales ou effectuées à l'étranger.

Mouvement libéral

L'Eglise catholique polonaise a longtemps été considérée comme sacrée par sa population. Mais un mouvement libéral de protestation grossit et s'oppose toujours plus aux décisions prises en matière de mœurs par le gouvernement. La rhétorique anti LGBTI + de celui-ci, reprise en chœur par les dirigeants de l'Eglise a, ces derniers mois, occasionné des peintures aux couleurs arc-en-ciel déjà sur les murs d'églises comme aussi l'inscription des noms d'adolescents qui seraient morts par suicide après avoir été harcelés en raison de leur orientation sexuelle.

Alors que le pape s'est tout récemment prononcé en faveur d'une meilleure ouverture de l'Eglise aux personnes homosexuelles, l'épiscopat polonais veut, lui, ouvrir des cliniques pour "aider les personnes LGBTI + à devenir hétérosexuelles". Une radicalisation à contre-courant qui divise toujours plus violemment le pays.  

Par Gabrielle Desarzens/RTSreligion

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