Et si Donald Trump était réélu? Une étude suisse tend à le prédire

 Donald Trump serait bien parti pour être réélu lors de la présidentielle du 3 novembre. Ce constat ressort d'une analyse effectuée en Suisse, qui étudie la campagne via les moteurs de recherche et les réseaux sociaux. La même équipe avait déjà prédit le succès du républicain en 2016.

Alors que les sondages et les médias donnent Donald Trump perdant en l'état, une analyse de comportements réalisée à l’Université de Neuchâtel et à l’Institut pour la recherche appliquée en argumentation (IFAA) à Berne tend à prouver le contraire et entrevoit une avance nette du président sortant sur le web dans la campagne électorale actuelle.

Pour dresser ce constat, un trio composé du professeur Jacques Savoy et de Loris Schmid, spécialistes en traitement de la langue naturelle à l’Institut d’informatique de l’Université de Neuchâtel, associés à Christoph Glauser, politologue et spécialiste des médias à l’IFAA, analysent à nouveau la campagne électorale américaine sur le web.

Un intérêt moindre pour Joe Biden

Le trio d'experts relève que les internautes aux Etats-Unis portent un niveau d’intérêt pour le candidat républicain Donald Trump cinq fois plus élevé que pour son adversaire démocrate Joe Biden. "Trump recourt aux émotions comme la peur et la colère", indique un communiqué publié jeudi.

"Les tweets de Biden insistent sur les valeurs morales et critiquent les actions de l’administration Trump durant la pandémie". Du coup, l'élection s’est transformée en référendum pour ou contre le président actuel, alors que la campagne de Joe Biden n’a pas atteint le niveau de requêtes obtenues par Hillary Clinton en 2016.

"La présence et la visibilité sur internet ainsi que l’implication active sont cruciales pour gagner l'élection", note Christoph Glauser.

Donald Trump capte l'attention

Les chercheurs ont aussi suivi les préoccupations politiques des internautes, en observant la fréquence des termes liés à l’emploi et l’économie, à la santé publique, au Covid-19 ou à l’éducation.

"Ces deux derniers mois, les Américains ont été particulièrement concernés par le Covid, la marche des affaires et l’économie, mais moins par l’éducation", disent les experts. Comparé à la campagne de 2016, Donald Trump est de nouveau en avance en considérant le nombre de requêtes soumises à tous les moteurs de recherche aux Etats-Unis.

"La campagne de Joe Biden n’est pas vraiment parvenue à s’envoler pendant l’été 2020", ajoute l'étude. Donald Trump, lui, a réussi à capter l’attention des internautes, étonnamment même pendant la période plus délicate du mouvement Black Lives Matter.

Trump prolifique sur Twitter

Donald Trump se révèle plus prolifique avec, en moyenne, 37 tweets par jour (août) comparé à 14 pour Joe Biden. Contrairement à la campagne de 2016, le président américain sortant retweete plus souvent (35% des cas), "un indice montrant qu’il serait peut-être moins impliqué".

Ses tweets contiennent plus de références à d’autres comptes Twitter (4,4%, contre 0,4% pour Biden), et moins de liens (utilisés pour des vidéos). En moyenne, l’équipe de Trump répète 10% des tweets émis, et ceci jusqu’à 14 fois pour le tweet “law & order” (loi & ordre).

"La répétition d’un message, même faux ou trompeur, permet d’atteindre l’objectif visé", poursuit le communiqué. "Par exemple, à force de soutenir que le New York Times publie des "fake news", seulement 8% des républicains considèrent ce journal comme digne de confiance."

Deux approches différentes de Twitter

L’analyse du contenu des tweets révèle que Trump se focalise sur son opposant en des termes peu flatteurs comme "sleepy Biden" (Biden l’endormi), qu’il écrit parfois "Bidan", ou sur la "radical left" (gauche radicale), expression apparue la première fois en juin 2018. Les médias constituent toujours une cible récurrente pour le président actuel.

Quant à Joe Biden, il se veut proche des gens en employant souvent des dénominations comme "Américains, peuple, électeurs". Comme complément à cet objectif, le leader démocrate utilise plus souvent le pronom "nous", afin d’établir un lien avec le lecteur.

Freedom1 - ats

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