Une guerre de plage en Bulgarie pour dénoncer la corruption


Des manifestants ont de nouveau été empêchés de protester contre l’accaparement de dizaines de mètres de galets par Ahmed Dogan, ex-leader du parti de la minorité turque.
C’est une petite plage au bord de la mer Noire qui a déclenché une crise institutionnelle inédite en Bulgarie. Samedi 11 juillet, le président socialiste, Roumen Radev, a appelé le gouvernement du premier ministre conservateur, Boïko Borissov, à démissionner en l’accusant de « dérive mafieuse », après que des manifestants ont de nouveau été empêchés de protester contre l’accaparement de ces quelques dizaines de mètres de galets par un des personnages les plus puissants et les plus troubles de la vie publique de ce pays de 7 millions d’habitants, rongé par la corruption.
Située dans la baie de Burgas, la plage se trouve sous les fenêtres du tout nouveau palais d’Ahmed Dogan, 66 ans, prospère ancien leader du Mouvement pour les droits et libertés, parti de la minorité turque, et accusé par de nombreux activistes d’avoir discrètement mis la main sur des pans entiers de l’économie et de l’Etat bulgare. En théorie public, comme pour toutes les plages de Bulgarie, son accès a été barré par ces imposantes constructions à la légalité douteuse. « La demeure n’a officiellement même pas encore le droit d’être habitée », dénonce Hristo Ivanov, leader du parti anticorruption Bulgarie démocratique, à l’origine de ces protestations. Selon lui, « elle est le symbole de la façon dont les institutions ferment les yeux sur la corruption ».
Manifestation repoussée par la police
Le 7 juillet, cet ancien ministre de la justice de M. Borissov a tenté de se rendre une première fois en bateau sur le rivage pour y mener une action consistant à planter un drapeau bulgare en direct sur Facebook. Il a été accueilli par des gros bras armés qui l’ont rejeté à l’eau devant les caméras et dont il s’est révélé plus tard qu’ils étaient des membres du service de protection des hautes personnalités. « Alors même qu’il n’a plus aucune fonction politique depuis 2013, Dogan est protégé par un service d’Etat qui se comporte comme des mafieux », dénonce M. Ivanov.
Par Jean-Baptiste Chastand - lemonde.fr
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