Musiques. Le retour brut et virevoltant de la chanteuse américaine Fiona Apple.. Vidéo


Pour son cinquième album en vingt-cinq ans, "Fetch The Bolt Cutters", la chanteuse américaine Fiona Apple a choisi d'embrasser plusieurs registres et de se montrer tour à tour théâtrale, introspective, sauvage ou féministe.

Chose rare chez les artistes en ces temps troublés, Fiona Apple a décidé d'avancer la sortie de "Fetch The Bolt Cutters", son cinquième album, pour le publier en version numérique. Un cadeau inespéré assurément pour ses fans confinés à travers le monde patientant depuis huit ans, d'autant plus qu'il marque le retour en forme de la chanteuse américaine à la vie tumultueuse qui n'a signé que cinq disques de blessures pas tout à fait cicatrisées en vingt-cinq ans.
Si elle a débuté sa carrière par deux chefs-d'oeuvre qui n'avaient rien à envier à Joni Mitchell ou Suzanne Vega, "Tidal" (1996) et "When the Pawn" (1999), Fiona Apple a ensuite peiné à confirmer sa majestueuse entrée en matière avant que ne paraisse "The Idler Wheel" en 2012.
La chanteuse embrasse plusieurs registres
Aujourd'hui, "Fetch The Bolt Cutters" répare cette injustice de probante manière, dans un registre intimiste et brut où son piano, sa voix et un arsenal de percussions font leur loi, jusqu'à mimer un acte sexuel d'ailleurs ou revenir sur son viol à l'âge de 12 ans, parmi quantité de sons captés dans sa maison californienne, entre cuisine et jardin d'où émanent même quelques aboiements de chien. 
Toujours très libres dans leurs formes, les treize chansons de Fiona Apple embrassent plusieurs styles, à la façon d'un tourbillon, sans perdre en qualités intrinsèques. Théâtral ou introspectif, tendre ou sauvage, amoureux ou révolté, féminin ou féministe, son répertoire avance dans un équilibre rythmique toujours précaire, voire tordu, sans pourtant jamais défaillir.
Même quand elle se prend, dans une chanson comme "Relay", à alterner mantras incantatoires, free jazz et vocalises d'opéra, Fiona Apple retombe sur ses pattes et sur sa voix de braise aussi élastique que charismatique. D'autres chansons rugueuses et échevelées mêlent pop de chambre et hip-hop avec une aisance déconcertante, qu'elles évoquent la maltraitance faite aux femmes, ses relations sentimentales ou sa précoce renommée trop lourde à porter. A 42 ans, l'Américaine a retrouvé un vrai mordant.
Blog Freedom1/RTSCulture
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