L'Irak, en grave crise sociale et économique, se dote d'un gouvernement


Après cinq mois de vacance du pouvoir, l'Irak s'est doté dans la nuit de mercredi à jeudi d'un gouvernement qui hérite d'une économie à genoux et de relations diplomatiques au plus bas.
Devant des députés masqués et gantés en raison du coronavirus, Moustafa al-Kazimi, 53 ans, ancien chef du renseignement ayant ses entrées à Washington comme à Téhéran, a prêté serment avec 15 de ses ministres.
Les portefeuilles, cruciaux et convoités par de nombreux partis politiques, des affaires étrangères et surtout du pétrole, dans le pays deuxième producteur de l'Opep, sont toutefois toujours vacants, comme cinq autres.
Du pain sur la planche
Dès jeudi, le nouveau gouvernement devra s'atteler à rassurer les Irakiens entre chômage technique généralisé, et donc perte de revenus, du fait du confinement, recettes pétrolières divisées par cinq en un an et l'idée évoquée par Bagdad d'imprimer des dinars irakiens qui fait planer les craintes d'une dévaluation massive. Mais aussi tenter de renouer avec la classe politique la plus fragmentée de l'Irak post-Saddam Hussein.
Rendez-vous est d'ores et déjà fixé pour un "dialogue stratégique" à Bagdad avec une délégation américaine en juin.
Portrait
Ex-chef du renseignement, Moustafa al-Kazimi est un habile négociateur. Né à Bagdad en 1967, cet homme au teint hâlé et à la chevelure poivre et sel parsemée s'est illustré à la tête du renseignement qu'il a rejoint en 2016 en pleine guerre contre les djihadistes du groupe Etat islamique.
Là, il a tissé de nombreux liens avec les dizaines de nations et de services opérant au sein de la coalition anti-EI. Formé en droit à l'université irakienne, M. Kazimi a d'abord été journaliste, militant anti-Saddam Hussein depuis l'Europe où il s'est exilé pour fuir le régime du dictateur. A sa chute en 2003, il rentre au pays pour fonder l'immense complexe des médias d'Etat.
Blog Freedom1/AFP

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