Coronavirus : la course à la succession de Merkel relancée

Le paysage politique évolue vite en Allemagne en raison de la crise du Covid-19. De nouveaux favoris émergent pour le poste de chancelier.
La crise du coronavirus a redistribué les cartes de la course à la chancellerie dans le camp conservateur. Les favoris d'avant sont les perdants d'aujourd'hui. Le nouveau critère pour juger les prétendants à la candidature de l'union CDU-CSU aux élections de l'automne 2021 est leur aptitude à gérer la pandémie.
Si Friedrich Merz, ancien chef du groupe parlementaire conservateur au Bundestag, grand favori avant la pandémie, est pratiquement tombé dans l'oubli, Markus Söder est le nouveau héros du jour. Le ministre-président de la Bavière, dont les chances n'étaient pas très fortes, se retrouve propulsé en tête des sondages, très loin devant ses rivaux. C'est sa capacité à taper du poing sur la table et à prendre des décisions musclées pour sa région particulièrement frappée par le virus qui plaît aux Allemands, tous Länder confondus.
Par temps de crise, c'est bien connu, l'avantage est aux hommes d'action qui rassurent. Markus Söder fut l'un des premiers à imposer des mesures de confinement très strictes dans son Land. Il réclame aujourd'hui que l'on tienne compte des différences régionales au lieu d'imposer depuis Berlin une règle commune à tous, les régions du Sud comme la Bavière et le Bade-Wurtemberg étant beaucoup plus touchées que le Mecklembourg ou le Schleswig-Holstein dans le Nord.

La CSU marque des points

Le fait que Markus Söder soit membre de la CSU, l'aile bavaroise et très conservatrice de la CDU, ne semble pas décourager ses nouveaux sympathisants. Selon un récent sondage, 38 % des électeurs de la CDU et de la CSU confondues désirent que Markus Söder présente sa candidature pour succéder à Angela Merkel. Dans les rangs de la CSU, ce souhait est quasi unanime. Si, en règle générale, c'est la CDU qui a la priorité pour placer son candidat dans les starting-blocks, deux fois déjà par le passé l'union des conservateurs fut représentée par un candidat CSU : en 1980 par Franz Josef Strauss, l'illustre « taureau de Bavière », et en 2002 par Edmund Stoiber. Tous les deux perdirent l'élection.
Markus Söder a beau répéter que sa place est en Bavière et qu'il ne reluque pas le fauteuil de chancelier, il a beau dire qu'il ne lit pas les sondages par les temps qui courent et que les seuls chiffres qui l'intéressent sont ceux du nombre de personnes infectées par le coronavirus, ses chances de succéder à Angela Merkel restent ouvertes. D'autant que, pour le moment, il semble avoir le champ libre. Ses rivaux Armin Laschet, ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, qui, appuyé par une commission d'experts, prône aujourd'hui le relâchement progressif des mesures de confinement et en particulier l'ouverture petit à petit des écoles, arrive très loin derrière Söder dans les sondages.
Jens Spahn, ministre de la Santé, grand manager de la crise à Berlin, n'arrive pas non plus à la cheville du Bavarois. « On ne va pas entrer en compétition dans la lutte contre le coronavirus », assure Armin Laschet alors que les ministres-présidents délibèrent aujourd'hui avec Angela Merkel sur la question de l'assouplissement des mesures de confinement, déjà beaucoup moins strictes en Allemagne qu'en France. Lors des précédentes consultations, le ton était monté entre Söder et Laschet.
Pourtant, s'il n'en tenait qu'aux Allemands, une autre option se profilerait. Nombreux sont ceux qui aimeraient qu'Angela Merkel, qui avait annoncé qu'elle ne se représenterait pas en 2021, en reprenne pour quatre ans. 30 % d'entre eux souhaitent que la chancelière, âgée de 65 ans et au pouvoir depuis seize ans, se représente pour un nouveau mandat.
Par  à Berlin - lepoint.fr
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