L'industrie cinématographique, victime collatérale du coronavirus

Le nouveau "James Bond" ou "Fast and Furious 9" sont autant de superproductions hollywoodiennes dont la sortie a été repoussée à cause du coronavirus. Selon certaines estimations, l'épidémie pourrait coûter 20 milliards de dollars à l'industrie du cinéma américain.
"Bloodshot", une superproduction avec la star Vin Diesel, est sorti juste avant que la majorité des cinémas américains ne ferment. Alors les studios Sony ont décidé de mettre le film en ligne - 20 dollars par téléchargement, Universal a adopté la même stratégie pour tenter de limiter la casse au box office. Limiter la casse, c'est d'ailleurs tout ce qu'Hollywood peut faire en ce moment.
Mais limiter la casse ou repousser la sortie de film comme "Mulan" de Disney n'a rien d'une solution miracle. Le risque d'embouteillage guette au deuxième semestre et la récession annoncée va limiter le budget des spectateurs.
Tournages suspendus
Autre mauvaise nouvelle pour les centaines de milliers de personnes que fait vivre l'industrie du cinéma: tous les tournages ou presque sont suspendus: ceux des films et des séries, comme par exemple la quatrième saison de "La Servante écarlate".
Ces interruptions coûtent une fortune aux studios. On parle de 300'000 dollars par jour pour "La petite sirène" de Disney. Le problème, c'est que l'économie hollywoodienne s'appuie sur des travailleurs indépendants: acteurs, techniciens bien sûr mais aussi traiteurs, peintres ou chauffeurs. Et beaucoup d'entre eux, sans assurance chômage, tremblent. Et l'onde de choc dépasse les plateaux de cinéma. Les exploitants de salles ont officiellement demandé mercredi une aide financière au gouvernement.
Et en Suisse?
Evidemment, la pandémie de coronavirus a aussi un impact sur le cinéma suisse. "Aujourd'hui, personne ne peut dire que cette crise n'a pas d'impact. Naturellement, les exploitants de cinéma en Suisse, mais aussi les distributeurs et producteurs vont se battre pour pouvoir continuer de vivre après la pandémie", explique Edna Epelbaum, exploitante, présidente de l'Association cinématographique suisse.
Alors qu'Hollywood annonce des pertes prévisionnelles de 20 milliards de dollars, il est difficile selon Edna Epelbaum de formuler un chiffre concernant le cinéma suisse: "On estime qu'il faut compter avec une baisse d'exploitation de plus de 30 millions. Mais comme on ne sait pas encore jusqu'à quand cette fermeture va durer, on est dans le même bateau que toutes les entreprises, culturelles ou non. On n'a pas de prévisions".
Ce que les milieux du cinéma suisse essaient désormais d'anticiper, c'est la manière dont ils vont réussir à encourager les gens à revenir au cinéma une fois l'épidémie passée. Leur préoccupation actuelle est aussi de réussir à continuer à verser des salaires, couvrir les professionnels du domaine et payer les frais fixes.
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