Après le confinement, il nous faudra entrer en résistance climatique

Pour tenir l’objectif de neutralité carbone en 2050, un collectif de personnalités appelle, dans une tribune au « Monde », à s’engager collectivement et individuellement dans une décroissance énergétique mondiale transformant nos vies et nos sociétés.
Tribune. Depuis deux ans, les mobilisations pour le climat se multiplient sans être écoutées. La crise du coronavirus vient démontrer à tous qu’une bascule rapide est possible et ne nécessite que deux choses fondamentales : de la volonté politique et du volontarisme citoyen. Afin d’y forcer nos dirigeants sans attendre, après le confinement, nous devons adopter une stratégie plus ambitieuse. Il ne nous faudra pas revenir à la normale mais entrer en résistance climatique. Nous partons de l’idée qu’il est possible de maintenir une vie digne et heureuse sur Terre. Nous nous battons contre ce qui détruit le vivant. Nous agissons pour ce qui le préserve. Pour cela, suivant les recommandations scientifiques sur le climat et la biodiversité, nous visons une victoire climatique à travers une profonde transformation de nos vies et de nos sociétés.
Notre objectif : une neutralité carbone effective en 2050 via une décroissance énergétique mondiale perceptible dès 2025. Attendu sans succès depuis des décennies, le miracle technologique ne nous sauvera pas. Nous devons quitter le business as usual synonyme de mort précoce pour des milliards d’êtres humains et d’espèces vivantes. Nous travaillons à bâtir un rapport de force politique pour sortir du productivisme et du consumérisme destructeurs qui structurent le système économique actuel. Notre ennemi est cette norme sociale actuelle et non les individus. Etant sortis du déni, agissons ici et maintenant. Arrêtons de nous attendre les uns les autres de peur de se marginaliser en étant les premiers. Devenons cette minorité motrice, catalyseur enthousiaste d’une transition désirable capable d’initier le changement nécessaire dans toute la société.
L’atterrissage de nos sociétés doit être mené dans une perspective de justice sociale mondiale. Ceci impose de réduire nos émissions en deçà de 2 tonnes de CO2 par être humain et par an (ce qui équivaut à la division par 6 de l’empreinte carbone moyenne d’un Français). Loin d’un sacrifice, cette transition est source d’émancipation. La stratégie de résistance climatique consiste en cinq phases qui se cumulent.
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