Musiques. Un apéro avec Suzane : Raconter mon histoire intime, c’est une espèce de maladie

Chaque semaine « L’Epoque » paie son coup. Nommée parmi les révélations aux Victoires de la musique, l’artiste mêle électro et chanson réaliste. Un phénomène.
Nous sommes à deux semaines des Victoires de la musique. Suzane – un premier album, Toï Toï (Troisième Bureau), tout juste dans les bacs, mais déjà 20 millions de streams, 180 concerts au compteur, 150 à venir –, nominée dans la catégorie « révélation », observe le serveur qui court près du bar : « Il a fait un aller-retour avec rien dans les mains, c’est contre-productif. » Il y a encore deux ans, elle aussi était serveuse ; dans un café en bas de chez elle, à Belleville, à Paris, où la petite Avignonnaise, qui a gardé une pointe d’accent du Midi, a posé son barda il y a sept ans.
Café du Temple, près de la place de la République à Paris. « J’ai trouvé symbolique qu’on se retrouve ici, c’est le bistrot qui m’a sorti du mien. 6 avril 2016. C’est là [elle montre une table où une dame fait des œillades à son vis-à-vis] que Chad Boccara m’a donné rendez-vous. Ce fut la rencontre d’où découlent toutes les autres. »
Chad Boccara, 30 ans, une gueule de gamin, mais déjà producteur-manageur de deux artistes nommés aux Victoires (Foé en 2019, Suzane aujourd’hui).
La pesée du mercredi
Elle, c’est Océane Colom, enfant des Angles (Gard), un village au-dessus d’Avignon. A 7 ans, ayant vu sa sœur aînée danser (celle-ci abandonnera bien vite), elle pousse la porte du conservatoire. Elle est douée, se voit en Aurélie Dupont, intègre la classe à horaires aménagés, danse avec le justaucorps numéro 7.

Elle raconte l’enthousiasme de l’enfance, puis la douleur grandissante face à « la pesée du mercredi » où 500 grammes vous exposent à l’expulsion, ou au mieux à l’humiliation. Elle dit l’adolescence pliée sur la barre, où l’on se met à regarder l’heure. Où, bonne élève, première en tout, on commence à dévisser, on chante dans les vestiaires des airs d’opéra approximatifs, où on découvre son homosexualité avec sa copine Anouchka, au lycée, où l’on se met à boire, à fumer. Au Privé (« Le club où David Guetta a fait ses débuts. Je m’en veux encore d’y avoir raté Justice »), la jeune fille biberonnée à la chanson réaliste (Piaf, ­Fréhel, Brel, Barbara),découvre l'éléctro..
Propos recueillis par Laurent Carpentier - lemonde.fr

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