Espagne. Jusqu'à treize ans de prison pour les indépendantistes catalans

Neuf indépendantistes catalans ont été condamnés lundi à des peines allant de 9 à 13 ans de prison pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne en 2017. Plusieurs milliers de manifestants pro-indépendance sont descendus dans la rue aussitôt après le verdict.
L'ancien vice-président régional catalan Oriol Junqueras a écopé de 13 ans de prison, la plus lourde peine des douze indépendantistes jugés de février à juin par la haute instance judiciaire du pays, pour sédition et détournements de fonds publics.
Les juges ont donc écarté les accusations de rébellion émises par le parquet qui avait requis jusqu'à 25 ans de prison à l'encontre d'Oriol Junqueras, numéro un du parti Gauche républicaine de Catalogne (ERC) et principal accusé en l'absence de l'ex-président catalan Carles Puigdemont, qui a fui en Belgique.
Oriol Junqueras est un personnage souvent impénétrable, qui a réussi à rester aux commandes de son parti depuis la prison où il attendait la sentence. Il a réagi sur Twitter:

"Nous reviendrons plus forts, plus convaincus et plus fermes que jamais. Merci à tous et persistez pour que nous persistions toujours. Toujours!"
En détention provisoire jusqu'ici
Huit autres indépendantistes ont été condamnés à des peines allant de 9 à 12 ans de prison pour sédition, et certains également pour détournements de fonds publics.
Figurent parmi eux l'ancienne présidente du parlement catalan Carme Forcadell, les dirigeants des puissantes associations indépendantistes ANC et Omnium Cultural, Jordi Sanchez et Jordi Cuixart, et cinq anciens "ministres" régionaux. Ces neuf indépendantistes étaient en détention provisoire, pour certains depuis deux ans.
Trois autres anciens membres du gouvernement catalan, qui étaient en liberté conditionnelle, ont eux été condamnés à des amendes pour désobéissance.
Le référendum d'autodétermination
Ces douze indépendantistes ont été jugés pour avoir organisé le 1er octobre 2017, en dépit de l'interdiction de la justice, un référendum d'autodétermination, émaillé de violences policières, et pour la proclamation le 27 du même mois d'une vaine déclaration d'indépendance votée par le parlement catalan.
Cette tentative de sécession de la Catalogne, riche région du nord-est de l'Espagne, avait été la pire crise politique qu'ait connue le pays depuis la fin de la dictature franquiste en 1975.
Condition indispensable de la rébellion – qui est un délit contre la Constitution sévèrement puni – l'existence ou non d'un soulèvement violent avait été la question centrale du procès historique de ces indépendantistes.
Le parquet n'avait pas hésité à qualifier les évènements de 2017 de "coup d'État" alors que la défense rétorquait que la violence était venue quasi-exclusivement de la police le jour du référendum.
Insistant sur le caractère pacifique de leur mouvement, les accusés avaient assuré pour la plupart qu'ils recommenceraient s'ils le pouvaient.
Blog Freedom1 - Agences
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