Photographie : la poétique scientifique de Marina Gadonneix

Aux Rencontres d’Arles, la photographe Marina Gadonneix expose des images énigmatiques prises dans des laboratoires de recherche qui tentent de reproduire et d’étudier cyclones, raz-de-marée, trous noirs ou éclairs.
Chez Marina Gadonneix, une aurore boréale ressemble à un étrange rond de fumée blanc qui flotte dans un noir absolu. Elle n’est pas allée en Islande pour la photographier, mais à… Meudon. Là où le Laboratoire d’études spatiales et d’instrumentation en astrophysique (Lesia) reproduit le phénomène en propulsant des électrons sur une sphère magnétisée dans une chambre à vide. L’image, abstraite et énigmatique, ne donne aucun indice sur la façon dont les scientifiques procèdent, mais elle fait tout de même rêver. Presque autant que la vraie.
Ce qui m’intéresse, ce sont les lieux qui font appel à des images mentales, à notre mémoire, qui sont comme une surface de projection. Mais je suis dans le documentaire, ces lieux existent vraiment. 
 Des cercles et des triangles, des ondulations et des points, des cubes et des icosaèdres : ses images de son projet Phénomènes, qu’elle expose aux Rencontres d’Arles, sont pleines de formes géométriques basiques sur lesquelles l’esprit cogne et cogite. Elles évoquent aussi bien les formes du monde naturel que l’art minimal. Son art à elle, qui part du documentaire pour aller vers l’imaginaire, se concentre depuis le début sur la façon dont on fabrique les images, ces artifices en deux dimensions qui parviennent à faire illusion. Elle a ainsi photographié les plateaux de télévision où les acteurs évoluent sur un fond vert fluo (série Landscapes), des maisons de ventes aux enchères où on met en scène des œuvres d’art pour les catalogues (série After the Image), avec de simples bouts de ruban adhésif ou des fonds de papier.
Par Claire Guillot - lemonde.fr
Reactions:

0 comments :

Enregistrer un commentaire

التعليق على هذا المقال