#Cinéma - #Cannes2019 : nos 5 (derniers) coups de cœur avant le palmarès.. #Vidéos

Pour compléter notre première sélection, voici 5 autres films que nous avons franchement aimés. Du « Traître » au « Parasite » en passant par « La Belle Époque ».
Le Festival de Cannes, c'est (presque) terminé : soupir de soulagement pour certains, haussement d'épaules pour d'autres et excitation jubilatoire pour les cinéphiles assidus qui suivent tous les échos de la Croisette, repèrent les longs-métrages qu'ils ne manqueront pas d'aller voir en salle et sont impatients de connaître le lauréat de la Palme d'or. Voici parmi la soixantaine de films de la sélection officielle, la suite de notre sélection (la première est à consulter ici) de nos films préférés, de la nostalgie implacable de Nicolas Bedos à l'éblouissant portrait d'un repenti mafieux signé Marco Bellochio en passant par le brio de Xavier Dolan et la poésie graphique de Lorenzo Mattotti, dompteur d'ours sur la Croisette.

La Belle Époque, de Nicolas Bedos

8 minutes et 22 secondes d'ovation chaleureuse et nourrie dans le Grand Théâtre Lumière du Festival de Cannes pour La Belle Époque,c'est plus que les 6 minutes polies accordées à Quentin Tarantino (pour le décevant Once Upon a Time in Hollywood) et ça veut tout dire. Avec son film, présenté hors compétition, Nicolas Bedos a offert une magnifique parenthèse aux festivaliers. Pour la faire courte, Victor (Daniel Auteuil, désarmant), sexagénaire, ex-dessinateur de presse sans le sou, s'est éloigné de sa femme (sensationnelle Fanny Ardant) au fil du temps et rejette une société devenue ultramoderne à l'absurde. Antoine (Guillaume Canet), brillant entrepreneur et ami de la famille, donne à Victor la possibilité de revivre l'époque de son choix grâce à une attraction un peu particulière. Le dessinateur opte pour une semaine des années 1970, celle où il rencontra sa femme, l'amour de sa vie. La Belle Époque est une réflexion maligne et originale sur le temps qui passe, une ode passionnée et torturée à l'amour destructeur autant que salvateur, une comédie d'une nostalgie implacable devant laquelle il est difficile de ne pas pleurer et impossible de ne pas rire. On sent le réalisateur à la fois heureux et malheureux de son époque bien qu'il ne la considère jamais avec amertume. La Belle Époque a toutes les qualités qu'on peut espérer d'un film : beaucoup d'émotions, un scénario (certes avec quelques défauts) bien ficelé, une histoire qui vous embarque et vous mène quelque part, des dialogues qui ont du sens, et une direction d'acteurs fabuleuse…

La Fameuse Invasion des ours en Sicile, de Lorenzo Mattotti

Un vent de fraîcheur a soufflé sur le festival. Un vent venu de Sicile et d'un temps légendaire où l'île italienne était partagée en bonne intelligence entre ours et humains, les uns vivant dans les montagnes, les autres dans la plaine. Lorenzo Mattotti, célèbre pour ses illustrations (notamment dans le New Yorker) et ses bandes dessinées très stylisées (Feux, Murmure…), a présenté en section Un certain regard, un petit chef-d'œuvre d'animation adapté d'un conte pour enfants de Dino Buzzati, La Fameuse Invasion des ours en Sicile. Bien entouré de Thomas Bigedain – scénariste attitré de Jacques Audiard –, du compositeur René Aubry, et de la société de production française Prima Linea (La Tortue rouge, 2016), Mattotti ne se contente pas de nous raconter l'histoire de ces ours qui affrontent les troupes du grand-duc de Sicile, parviennent à prendre le pouvoir et finissent contaminés par les vices humains. Il livre ici une fable universelle et métaphysique sur la filiation, la transmission, notre rapport à la nature, à l'autre, au pouvoir. Le tout en imposant son style, sa patte, un univers coloré, drôle et rythmé. D'une rare beauté.

Le Traître, de Marco Bellocchio

Incroyable : à 79 ans et pour son 27e long-métrage, l'Italien Marco Bellocchio donne un grand coup de pied dans la fourmilière du film de mafieux et bouleverse le genre. Chronique du célèbre repenti Tommaso Buscetta, qui fut le premier mafioso sicilien d'envergure à collaborer avec l'État contre la Cosa Nostra dans les années 1980, Le Traîtrecommence tel un Parrain de Coppola. Dans une demeure magnifique, une réunion de famille, une paix de façade, des sourires hypocrites… Puis la débandade, les règlements de compte et une mainmise du big boss Salvatore Toto Riina sur les affaires. Arrêté au Brésil où il s'était réfugié, son rival Buscetta (prodigieux Pierfrancesco Favino : prix d'interprétation possible  !) est extradé à Rome où il va collaborer avec le célèbre juge Falcone dans sa guerre contre la mafia. Étalé entre 1980 et 2000, le récit offre le magnifique portrait d'un anti-Michael Corleone : contrairement à l'icône imaginaire incarnée par Pacino chez Coppola, le bien réel Buscetta reste résolument accroché à sa pulsion de vie, contre son passé violent. Reconstitution minutieuse des procès mafieux, ambiance parano, souffle d'une mise en scène nous faisant voyager entre l'Europe, le Brésil et les États-Unis, Le Traîtreremplit au centuple son contrat et nous éblouit.

Matthias et Maxime, de Xavier Dolan

Matthias et Maxime sont deux amis d'enfance, rien de plus, rien de moins. Sauf que, lorsque pour les besoins d'un film étudiant, les deux copains s'embrassent face caméra, le doute s'immisce. Tenace, déstabilisant. Un « et si ? » qui, forcément, change tout… Après le très houleux Ma vie avec John F. Donovan, Xavier Dolan revient à ses fondamentaux avec cette œuvre simple et épurée. Oui, on a déjà vu ça plusieurs fois chez lui, oui, il joue la facilité au risque de se répéter. Mais n'empêche, il fait ça bien. Impossible de ne pas sourire quand il filme l'amitié de ces adultes qui n'en sont pas encore tout à fait. Les dialogues, truffés de références pop culturelles, font mouche. Certaines répliques sont franchement collector : « Ta mère, son Patronus, c'est un Burger King et elle l'a bouffé », et la mise en scène, toute en maturité élégante, prouve une fois de plus que le Canadien mérite son titre de jeune prodige.

Parasite, de Bong Joon-ho

Septième long-métrage du Coréen Bong Joon-ho, Parasite marque le grand retour du cinéaste dans son pays après deux blockbusters anglophones un brin désordonnés (Snowpiercer et Okja). Le récit décrit minutieusement comment l'étudiant pauvre Ki-woo, sa sœur Ki-jung et leurs parents vont peu à peu s'infiltrer dans la villa ultramoderne et design des Park, un autre couple avec enfants, infiniment plus nanti. Naïfs et eux-mêmes bien névrosés, les Park engagent les gueux à divers postes de domestiques sans rien savoir de leurs liens familiaux. Un engrenage infernal se met en place... Thriller sans cesse imprévisible, entre Que la bête meurt, de Chabrol (l'idole de Bong), et La Servante, de Kim Ki-young, Parasite alterne avec un naturel confondant les scènes de farce, de terreur et de drame intime. Jusqu'à une rupture émotionnelle dans son dernier acte qui révèle le cœur du sujet, une bouleversante relation père-fils, en lien direct avec la propre vie du réalisateur qui a perdu le sien voici deux ans. Projeté en compétition au dernier Festival de Cannes, Parasite a vampé la Croisette, qui l'a salué d'une longue ovation. 
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