#Livres. Polar. « Sadorski et l’ange du péché » : Romain Slocombe joue les méchants

Troisième tome des sinistres aventures d’un flic antisémite sous l’Occupation. Rencontre avec l’auteur.
Apre, noir, pessimiste, Sadorski et l’ange du péché, le dernier tome de la « trilogie Sadorski », achève de retracer la descente aux enfers de ce policier parisien collabo et antisémite sous l’Occupation. Toujours épris de la jeune lycéenne Julie ­Odwak − dont il a fait déporter la mère −, Sadorski doit retrouver une femme juive revenue de la zone libre, avec de faux papiers, pour se livrer à un trafic de métaux précieux. Parallèlement, une lettre anonyme le conduit sur le tournage d’un film de Robert Bresson.
En près de 700 pages, Romain Slocombe entraîne le lecteur dans des intrigues à tiroirs. Au risque, parfois, de le ­perdre tant son récit est dense. Mais l’intérêt du livre réside d’abord dans la reconstitution minutieuse d’une époque : les lettres de dénonciation reproduites sont vraies, tout comme les documents administratifs… Surtout, ce roman se révèle dérangeant dans sa manière de se focaliser sur la personnalité de l’inspecteur Sadorski. Celui qui fut, dans les deux premiers tomes (L’Affaire Léon Sadorski et L’Etoile jaune de l’inspecteur Léon ­SadorskiRobert Laffont, 2016 et 2017), un salaud intégral, gagne ici en épaisseur, en complexité. Il devient presque humain, comme lorsqu’il se montre horrifié par le récit des massacres de juifs perpétrés dans le sillage de l’invasion allemande de l’URSS.
Par Abel Mestre/lemonde.fr
Sadorski et l’ange du péché, de Romain Slocombe, Robert Laffont, « La bête noire », 686 p., 23 €.
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