#Brexit : complications entre l’#UE et #May en vue du #sommet de dimanche

Les difficultés persistant entre les négociateurs britanniques et européens, Theresa May doit retourner à Bruxelles samedi, à la veille d’un sommet qui doit sceller l’accord du divorce.
La tenue du sommet spécial Brexit, dimanche 25 novembre à Bruxelles, serait-elle menacée ? Personne n’imagine en arriver là du côté de Bruxelles ou dans l’entourage de Theresa May, mais les difficultés persistent entre les négociateurs britanniques et européens, à trois jours de ce rendez-vous des chefs d’Etat et de gouvernement censé couronner l’accord du divorce.
La rencontre, mercredi, entre la première ministre britannique et le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, devait permettre d’aplanir les choses. Mais Mme May est repartie les mains vides et a annoncé qu’elle reviendrait samedi, la veille du sommet, « pour une série de rendez-vous, y compris avec M. Juncker ».
Mme May a aussi indiqué avoir donné, avec M. Juncker, « des lignes directrices suffisantes » à leurs négociateurs pour qu’ils se mettent « au travail immédiatement ». Seront-ils prêts à temps ? « Il faut des avancées concrètes avant ce vendredi [23 novembre] soir », prévenait un diplomate mercredi, « sinon les Etats membres diront qu’il est trop tard pour conclure avant le 25 ».
La discussion ne porte plus sur le traité du divorce – 585 pages, dont trois protocoles et de multiples annexes. Personne ne veut rouvrir sa laborieuse négociation, close mi-novembre entre Londres et Bruxelles. Les tractations portent désormais sur la « déclaration politique » l’accompagnant.
Elle esquisse la « relation future » entre le Royaume-Uni et les Vingt-Sept, a une faible valeur juridique, mais est devenue ces derniers jours le réceptacle des frustrations de tous ceux qui s’estiment lésés dans le traité de retrait. Elle aurait dû être rendue publique en ce début de semaine, mais a plus que doublé de volume ces derniers jours.
Principal obstacle : Gibraltar
Notamment, la France, les Pays-Bas, le Danemark, l’Espagne ou le Portugal souhaitent y préciser leurs préoccupations concernant la pêche : ils veulent sécuriser un accès aux eaux britanniques pour leurs flottes dans le cadre de la « relation future ». Le traité stipule juste qu’un accord sur la pêche entre Londres et Bruxelles doit avoir été trouvé au 1er juillet 2020 dans le cadre du « filet de sécurité »prévu afin d’éviter le retour d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord et l’Irlande.
Les Européens veulent aussi davantage de garde-fous anti-dumping. Toujours dans le cadre du « filet de sécurité » irlandais, le Royaume-Uni participerait à une union douanière permettant à ses produits de circuler assez librement dans l’Union, et ne serait tenu qu’à des « clauses de non-régression » de sa réglementation sur les sujets liés à l’environnement, à la fiscalité ou au droit du travail. Les Britanniques pourraient s’engouffrer dans cette brèche, craint-on à Bruxelles, pour durcir la concurrence avec le continent.
Le principal obstacle reste la question de Gibraltar, très sensible à Madrid. Les Espagnols réclament de rouvrir à la marge les 585 pages du traité de divorce pour y faire figurer en toutes lettres un droit de veto sur la situation future de ce territoire, dénoncé comme une colonie britannique, après le Brexit. Mais les contenter risque de rouvrir la boîte de Pandore des demandes d’amendement du traité de divorce, ce dont personne n’a envie.
Difficile de croire que le processus du Brexit pourrait dérailler à cause d’un « rocher » de 7 km2 à l’extrême sud ibérique. Pourtant le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a de nouveau haussé le ton mercredi : « Si cela n’est pas résolu d’ici dimanche, l’Espagne, malheureusement (…), devra voter non et exercer sa capacité de veto car c’est une question qui affecte l’essence de notre pays. »
Impatience ou exaspération ? Le président Macron et la chancelière Merkel ont, en tout cas, fait savoir mercredi qu’ils ne se déplaceraient à Bruxelles, dimanche, qu’afin de signer les textes du divorce. Pas question d’avoir encore à négocier quoi que ce soit.
Par Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)/
lemonde.fr




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