Au Maroc, la colère étouffée des insurgés du Rif

Le roi Mohammed VI n’a annoncé aucune libération de prisonniers. L’émigration est repartie à la hausse.
Ni libération de prisonniers du « hirak », le nom donné au mouvement de contestation locale, ni annonce de nouvelles mesures en faveur de la région. Dans son discours prononcé dimanche 20 août, à l’occasion de l’anniversaire de la « révolution du roi et du peuple », le souverain du Maroc, Mohammed VI, n’aura finalement pas évoqué la crise du Rif. L’intervention était pourtant attendue. On espérait ici que la grâce royale s’appliquerait à de nouveaux détenus. Ce silence maintient un précaire statu quo dans cette région agitée du nord du pays.
Dix mois après le début du mouvement, trois depuis la fin des manifestations quotidiennes qui avaient marqué la période du ramadan, Al-Hoceima, épicentre de la contestation, a repris un semblant de normalité. Le soir venu, les cortèges de manifestants ont été remplacés par les familles de vacanciers venues profiter de la petite station balnéaire. Comme chaque été, les parasols colorés ont pris possession des plages. Les forces de l’ordre, qui quadrillaient la ville en juin, se font moins visibles.
Les autorités ont mis une certaine énergie à attirer les touristes. La compagnie Royal Air Maroc a fait des promotions sur la destination, histoire de ramener un peu de normalité et de ne pas aggraver la situation économique d’une région déjà en souffrance. Mais personne n’est vraiment dupe. « Le roi ne viendra sans doute pas cette année, car il y a eu des problèmes ici », souffle une employée d’hôtel, un regard vers la résidence royale qui surplombe la falaise.
Manque d’emploi 
Lancé en octobre 2016, après la mort d’un vendeur de poisson broyé dans une benne à ordures alors qu’il voulait empêcher sa cargaison d’être détruite par la police, le mouvement de contestation s’est peu à peu étendu à des revendications économiques et sociales dans cette région enclavée. D’abord toléré par les autorités, le « hirak » a ensuite été réprimé – plus de 300 arrestations, surtout des jeunes de la ville...
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