Livres - Sinan Antoon: le linceul de Bagdad

Sinan Antoon brosse le superbe portrait d'un homme de bien emporté par le maelstrom du Moyen-Orient et lève le voile sur Bagdad.

C'est l'histoire d'un destin brisé, celui d'un jeune homme qui voulait devenir sculpteur et qui finit laveur de morts. Comme son père et tous ses ancêtres avant lui. Un métier qui ne connaît pas de répit dans cet Irak abonné aux guerres.  

Le frère aîné de Jawad a agonisé sur le front, en 1988, lors du conflit Iran-Irak, puis le coeur du père a lâché peu après la chute de Bagdad aux mains des forces américaines, en 2003. Alors l'étudiant à l'Académie des beaux-arts, amoureux de la belle Rim, a dû se résoudre à purifier les corps, toujours plus nombreux dans le chaos d'un Bagdad secoué par les combats entre chiites et sunnites. Fini, les rêves de beauté, place aux violents cauchemars qui envahissent les nuits de Jawad.  

Bagdad, où vie et mort ne forment qu'un

Rien de glauque, pourtant, dans ce beau et doux récit porté par la plume aérienne de l'Irakien Sinan Antoon, qui s'exile aux Etats-Unis en 1991, à l'âge de 24 ans, pour échapper à la dictature de Saddam Hussein et aux rigueurs de l'embargo.  

Poète, romancier, traducteur (notamment de Mahmoud Darwich), professeur à l'Université de New York, l'auteur brosse le superbe portrait d'un homme de bien emporté par le maelstrom du Moyen-Orient et lève le voile sur Bagdad, où vie et mort ne forment plus qu'une seule entité. 

Par Marianne Payot/lexpress.fr

SEUL LE GRENADIER, PAR SINAN ANTOON, TRAD. DE L'ARABE (IRAK) PAR LEYLAMANSOUR. ACTES SUD, 320P., 22€. 
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