Tunisie : bientôt une commission d’enquête sur les filières jihadistes au Parlement

Les députés ont voté ce mardi à Tunis la création d'une commission d'enquête parlementaire sur les filières de recrutement de Tunisiens au profit d'organisations jihadistes, en plein débat sur le retour de ces ressortissants au pays. 
La Tunisie est l’un des principaux pays à avoir été touché par le phénomène ces cinq dernières années : plus de 5 000 de ses ressortissants auraient rejoint des groupes jihadistes à l’étranger selon un groupe de travail de l’organisation des nations unies (ONU), près de 3 000 d’après les autorités tunisiennes.
Un débat agite actuellement le pays sur la perspective de leur retour, et un millier de personnes ont manifesté début janvier à Tunis pour exprimer leur opposition catégorique. Un nouveau rassemblement est prévu samedi 4 février.
Un rapport sera discuté en séance plénière
Dans ce contexte, les députés ont voté mardi en faveur de la création d’une commission d’enquête sur les conditions de leur enrôlement, par 132 voix pour (une abstention et une contre).
Selon le règlement de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), les commissions d’enquête parlementaires sont constituées de 22 députés, qui disposent de toute latitude pour interroger les parties concernées. Un rapport doit être remis au terme de leurs travaux et discuté en séance plénière. Aucune date n’est pour l’heure connue pour la constitution de cette commission.
On sait néanmoins qu’elle « travaillera en étroite collaboration avec les ministères de la Justice, de l’Intérieur, de la Défense, des Affaires étrangères ainsi qu’avec la société civile », a indiqué à l’AFP la députée de Nidaa Tounes (majorité), Leïla Chettaoui, à l’origine de la démarche.
Elle s’attachera à déterminer « l’implication de parties intérieures et extérieures dans l’embrigadement et l’envoi de citoyens tunisiens » en Irak, Syrie et Libye, a poursuivi cette vice-présidente de la commission Défense et Sécurité de l’ARP.
Des travaux politiquement sensibles
Leïla Chettaoui a précisé à l’AFP que les « parties » sollicitées par la commission pourraient être des « organisations, des États, des associations caritatives ou encore des figures religieuses tunisiennes comme étrangères ».
Les travaux de cette commission d’enquête pourraient s’avérer politiquement sensibles dans un pays où la « troïka » au pouvoir de fin 2011 à début 2014 – dont le parti islamiste Ennahdha – est régulièrement accusée de faire preuve de laxisme envers les groupes radicaux.
Après sa révolution de 2011, la Tunisie a été confrontée à l’essor d’une mouvance jihadiste responsable de la mort de plus d’une centaine de soldats et de policiers, mais aussi d’une vingtaine de civils et de 59 touristes étrangers.
Par Jeune Afrique avec AFP 
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