Violence et insultes dans le discours politique sont le miroir des électeurs

Le discours politique se radicalise, se durcit et s'exprime de plus en plus en insultes et invectives. Preuve en sont les primaires de la droite en France ou les discours de Donald Trump. Le philosophe Marc Crépon décrypte la tendance.
Dédain, mépris, attaques personnelles: tout semble permis. La parole se libère. C'est Donald Trump aux Etats-Unis qui franchit des lignes rouges sous les applaudissements des électeurs. C’est Bruno Lemaire, candidat malheureux aux primaires de la droite en France qui affirme publiquement qu'il n’a aucun respect pour François Hollande.
C'est surtout l'idée que pour gagner en politique, il faut désormais faire preuve de véhémence. "Si le populisme trouve facilement un terrain d'élection dans les classes populaires, c'est parce qu'elles souffrent et subissent elles-mêmes toutes sortes de violences - verbale, socio-économique, etc", a affirmé le philosophe Marc Crépon, dans l'émission Tout un monde de la RTS jeudi.
"S'il y avait moins cette précarité montante partout, le populisme n'aurait certainement pas le même succès, poursuit l'auteur d'un récent ouvrage, "L'épreuve de la haine", sur la violence qui envahit l'espace public. Les politiciens sont le miroir des électeurs".
Violence aussi en coulisses
Le directeur du département de philosophie de l'Ecole normale supérieure de Paris estime que ce qui est inquiétant, c'est que cette violence s'exprime aussi dans les coulisses du pouvoir et plus seulement sur scène ou dans les médias.
"C'est inquiétant parce que ça laisse supposer qu'il y a une agressivité résiduelle des politiques qui partent à la conquête du pouvoir qui se manifeste hors de toute théâtralisation."
Véhémence de programme pour Fillon
Pour Marc Crépon, l'émergence de ce type de violence est aussi une "faillite de la gauche, particulièrement en France. A aucun moment, François Hollande n'a su comprendre la violence que subissent ses électeurs et il n'a jamais su leur montrer qu'ils les prenaient en compte", analyse l'intellectuel.
"François Fillon, s'il y a une chose qui le distingue, c'est que la véhémence est dans son programme plus que dans son discours. Ce n'est pas un candidat populiste, donc il va peut-être introduire un autre ton dans la campagne, mais ça n'enlève rien à la radicalité de son programme", conclut le philosophe, qui rappelle qu'Angela Merkel est la dirigeante à avoir sauvé l'honneur de l'Europe en utilisant des principes moraux et éthiques pour inspirer son action et ses décisions.
Blog Freedom1 via RTSINFO
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