Philippines. Le président Duterte poursuit sa rébellion contre les États-Unis

Une semaine après avoir traité Barack Obama de “fils de pute”, le président Duterte a exigé que le contingent américain présent dans le Sud à majorité musulmane s’en aille. De quoi égratigner la longue coopération entre les deux alliés.
Rodrigo Duterte, on le savait déjà, n’a pas sa langue dans sa poche. Une fois de plus, le 12 septembre, il en a fourni un exemple en invitant les forces spéciales américaines à rentrer chez elles.
Le président philippin estime en effet que leur présence dans le sud de l’archipel, secoué depuis des années par des conflits avec divers groupes musulmans indépendantistes, empêche d’ouvrir des négociations. “Tant que nous resterons avec les Américains, nous n’aurons jamais la paix”, a-t-il déclaré, selon le Wall Street Journal. À ses yeux, cette centaine de soldats américains représente une cible de choix pour, en particulier, Abu Sayyaf, groupe devenu maître en enlèvements contre rançon.

Politique antidrogue

Le président Duterte n’a visiblement toujours pas digéré les réserves de Washington face à sa politique antidrogue qui, en quelques semaines, s’est soldée par la mort de 3 000 vendeurs ou consommateurs, pour la plupart exécutés sommairement. Le Philippine Star raconte qu’il a brandi une photo de 1906 sur laquelle des soldats américains posent à Jolo au milieu de corps de musulmans, dont des femmes nues, avant de lancer : “Les États-Unis sont hypocrites.
Plus diplomate, le secrétariat d’État américain a dit n’avoir reçu aucune notification officielle de la part de Manille, souligne pourtant le site Rappler. Le 13 septembre, peu avant de s’envoler pour Washington, Perfecto Yasay, secrétaire d’État aux Affaires étrangères philippin, s’est lui aussi voulu rassurant, affirmant qu’“il n’y a à ce jour aucun changement dans notre politique d’étroite amitié avec les Américains”.
Reste que les saillies à répétition de Duterte, qu’elles soient maladroites ou calculées, rompent avec la politique de son prédécesseur, Benigno Aquino. Celui-ci avait fait du rapprochement avec les États-Unis une priorité, notamment pour contenir l’expansionnisme chinois en mer de Chine du Sud.  
Par François Gerles/COURRIER INTERNATIONAL - PARIS
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