Maroc : pour justifier son bilan à l’approche des législatives, Benkirane choisit l’attaque

À moins de deux mois de l’échéance du 7 octobre, la campagne pour les législatives – le scrutin majeur au Maroc – s’annonce tendue.
Quotidiennement attaqué dans les médias sur son bilan économique et social, le Parti de la justice et du développement (PJD) du Premier ministre islamisteAbdelilah Benkirane s’en prend désormais ouvertement à « l’État profond » (le Makhzen) et au ministre de l’Intérieur, Mohamed Hassad, accusés de favoriser son principal concurrent, le Parti Authenticité et Modernité, d’Ilyas El Omari.
De meeting en meeting, à défaut de défendre un bilan, l’argumentation du PJD est la même : si le mécontentement, notamment syndical, est ce qu’il est (et il risque de s’aggraver avec un projet de loi de finances pour 2017 axé sur l’austérité), c’est parce qu’« il » (l’État profond) empêche le chef du gouvernement de travailler en lui mettant « des bâtons dans les roues » – moyen commode d’esquiver le reproche d’amateurisme fait à un Premier ministre qui a tendance à ne pas s’embarrasser des textes réglementaires et du fonctionnement des institutions pour tenter de faire appliquer ses décisions au forceps.
Autre thème de campagne du « parti de la lampe », à haut risque celui-ci : si les islamistes ne remportent pas les législatives, c’est qu’il y aura eu fraude organisée par le ministère de l’Intérieur. Benkirane, qui se pose volontiers en garant de la stabilité en rappelant qu’il aurait « sauvé » le régime du Printemps arabe, laisse ses partisans agiter la menace d’une mobilisation populaire à la turque en cas de défaite.
Lors de la tentative de putsch du 15 juillet, le PJD avait multiplié les déclarations et démarches de soutien en faveur de son « grand frère », l’AKP de Recep Tayyip Erdogan. Signe de leur nervosité : les islamistes n’évitent pas les dérapages sur les réseaux sociaux. L’un des membres de la jeunesse du PJD, Omar Senhaji, a ainsi menacé de décapitation les adversaires du parti, fin juillet, sur sa page Facebook. Convoqué par la police, il a reçu le soutien de plusieurs députés et dirigeants, avant de présenter ses excuses.
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