Les Obama, vrais héros de cinéma..Voir Vidéo

« First Date » relate la rencontre, en 1989, entre Michelle Robinson, avocate à Chicago, et son stagiaire Barack Obama.


Déjà ? Cinq mois avant leur départ de la Maison Blanche, Michelle et Barack Obama sont les héros d’un biopic qui retrace leur rencontre et leur histoire d’amour. Sorti le 26 août aux Etats-Unis, Southside with You est attendu sur les écrans français le 31 août sous le titre de First Date(« premier rendez-vous »).
Un autre film, Barry, sur les années new-yorkaises du futur président, alors étudiant à l’université Columbia, sera présenté à la mi-septembre au Festival de Toronto (Ontario, Canada). Sans attendre que l’Amérique tourne la page avec l’élection présidentielle du 8 novembre, la légende cinématographique des Obama se construit déjà.
L’histoire de la rencontre entre Barack et Michelle à Chicago (Illinois) est connue. Elle a été racontée par les intéressés eux-mêmes. C’était l’été 1989, en pleine canicule. Michelle Robinson, 25 ans, était avocate associée au cabinet juridique Sidley Austin, un début de carrière brillant pour cette fille d’employé municipal du « South Side », le quartier noir de la ville. Le stagiaire qui venait de lui être assigné pour l’été portait ce drôle de nom, Barack Obama.

Comment séduire la sceptique Michelle

A 28 ans, il arrivait comme elle de la prestigieuse faculté de droit de Harvard. Michelle était assez sceptique – et caustique – sur les hommes. Dans un cabinet uniformément blanc, elle n’allait pas compromettre sa position en sortant avec le premier stagiaire venu. Barack a dû déployer tout son charme et quelques ruses pour la conquérir.
« Ce n’est pas un rendez-vous amoureux », ne cessait de répéter Michelle à propos de leur premier après-midi ensemble (visite à l’Art Institute de Chicago et film de Spike Lee). Dans le film, le récit est fidèle à la réalité, à quelques raccourcis près : c’est plus tard, et non le premier jour, que Barack a emmené sa « boss » à la réunion communautaire où il lui a fait la démonstration de ses talents politiques.
Mais c’est effectivement devant le glacier Baskin-Robbins de Hyde Park qu’a été échangé ce jour-là le premier baiser (« Je l’ai embrassée et ça avait un goût de chocolat », a-t-il raconté à l’animatrice Oprah Winfrey). Depuis 2012, dans la cité de l’Illinois, une plaque commémore le « first kiss » au coin de Dorchester Avenue et de la 53e Rue.

Une famille modèle pour la communauté noire

Du jamais vu dans la classe politique. Il est vrai que, dans l’univers très « House of Cards » de Washington, les Obama détonnent. Après sept ans d’exercice du pouvoir, ils ont réussi à échapper aux scandales et ils continuent àafficher une image de complicité. Pour les Noirs, qui ont peu de role models (« figures modèles ») dans les représentations cinématographiques, la vision d’un couple uni et d’une famille « ordinaire » est une bénédiction.

Réalisé par Richard Tanne en dix-sept jours, avec un budget modeste, et produit par le chanteur et compositeur John Legend, un ami des Obama, Southside with You a emballé le Festival de Sundance (Utah) au début de l’année. Pourtant, les deux acteurs – Parker Sawyers, un quasi-inconnu, dans le rôle du futur président et Tika Sumpter (ex- « Gossip Girl »), dans celui de la brillante avocate – n’ont pas le swag (la classe) de Barack et Michelle Obama.
Ni même l’allure. Tika Sumpter arrive à peine à l’épaule de « Barack », alors que la First Lady mesure 1,80 m. Mais le film est un hommage à un couple qui a réussi à faire entrer toute la gamme du « cool » à la Maison Blanche. « On sait où ils sont arrivés, commente John Legend. C’est génial de voir où ils ont commencé. »

Regain d’amour pour le président sortant

Avec le Barry de Vikram Gandhi, ce sont les années pré-Michelle que les spectateurs vont pouvoir découvrir. 1981, une année torturée. Barack (Devon Terrell), qui se fait encore appeler Barry, est à la recherche d’une famille et d’une identité. Sa girlfriend de l’époque est une Blanche, Genevieve Cook (jouée par Anya Taylor-Joy), la fille d’un diplomate australien. Leur relation est compliquée par les incompréhensions raciales…
Aujourd’hui, le président américain a encore cinq mois devant lui ; la date de passation de pouvoir est fixée au 20 janvier par la Constitution. Il y aura un dernier sommet du G20 en Asie, un dernier discours aux Nations unies (ONU), une dernière dinde graciée pour Thanksgiving. Mais la nostalgie a déjà envahi l’Amérique. Obama n’a jamais été aussi populaire.
Depuis février, il dépasse les 50 % d’opinions favorables, ce qui ne lui était plus arrivé depuis l’hiver 2013. « Obama me manque », écrivait au début des primaires le chroniqueur républicain David Brooks dans le New York Times.
L’intéressé en joue lui-même. Lors du dernier dîner des correspondants à la Maison Blanche, début mai, il a été introduit sur la chanson phare de la comédie musicale Pitch Perfect : « Je vous manquerai quand je serai parti. »

Corine Lesnes (San Francisco, correspondante) /lemonde.fr


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