Lever le rideau sur le voile

A un moment, il faut éteindre le poste. Ne plus écouter les gens qui s’entre-déchirent sur les plateaux de télévision. Et continuer son travail de création.
C’est donc en pleine tempête médiatique, après le dérapage de Laurence Rossignol sur les femmes voilées, le 30 mars, que la metteuse en scène Myriam Marzouki, 41 ans, prépare un spectacle sur le foulard : le 21 mai, sa pièce intitulée Ce qui nous regarde sera dévoilée au Centre dramatique national (CDN) de Dijon, dans le cadre du festival Théâtre en mai.
Cette œuvre vise à sortir du sempiternel débat pour ou contre. On n’entendra pas les récents propos de la ministre des droits des femmes, qui compare le voile à l’esclavage, comme à l’époque des « nègres américains ». On ne rejouera pas la loi sur le port de la burqa (2010), ni la première affaire médiatique d’exclusion scolaire dans un collège de Creil (Oise), en 1989. 
Alors que la France se déchire au sujet du voile depuis vingt-cinq ans, Marzouki a souhaité faire « un véritable pas de côté » : « C’est un théâtre documentaire et subjectif, visuel et poétique, qui interroge non pas le voile, mais les regards que nous portons sur lui. Mon spectacle ne prend pas parti. La puissance d’une œuvre, c’est de déplacer le regard, d’éclairer autrement. »
Comment fabrique-t-on une œuvre sur un sujet aussi sensible ? La metteuse en scène s’est mise au travail à la rentrée 2014. « Après les attentats de janvier 2015, je me suis demandé : “Faut-il renoncer au spectacle ? Est-il encore possible de tenir sur scène.
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