Qu'est devenue la religion de nos pères ?

Mon père va à la mosquée, avant lui son père y allait et leurs aïeux certainement. Je ne présume rien de ces derniers mais je suis sûr de n'avoir jamais vu les deux premiers porter un Jean sous une djellaba pour affirmer leur attachement à la religion.
Car voici déjà quelques années que dans la religion l'ostentatoire est devenu légion. Les femmes cachent leur chevelure (qu'on ne saurait voir), les hommes se cachètent le front et les conducteurs de poids lourds se cachent derrière un Allah collé au centre de leur pare-brise. Alors d'où nous vient ce "retour" à la base (traduisez Al-Qaïda en arabe) où nos pères n'avaient jamais été?
 L'islam que les Tunisiens pratiquaient disparait un peu plus chaque jour cédant la place à un nouveau jeu de rituels qui s'impose en vérité. C'est ainsi que dans la deuxième ville du pays, il ne fait pas bon être souffrant ou nouveau-né le vendredi midi tant les prédicateurs se font concurrence à coup de décibels parasités aussi assourdissants qu'inaudibles. On ne comprend presque rien à leurs prêches tant les ondes sonores de leurs piétés respectives se piétinent dans les airs. Au ramadan dernier, ces imams devant l'Eternel ont fait pleurer ma petite, apeurée par un brouhaha aux accents véhéments qui régnait dans toute la ville "fêtant" la nuit du Destin. Ayant assisté moi-même à une de ces veillées ramadanesques, j’étais perplexe quand l'imam dans ses prières nous faisait répéter derrière lui "allahomaahlikkawma al mouchrikine". Or il se trouve que beaucoup de mes amis proches, mes profs, mes auteurs préférés et celui qui fait les meilleures crèmes glacées que j'ai mangées sont mouchrikine!
 Ce ne sont que quelques exemples parmi la foultitude de pratiques aberrantes qui font (la) foi dorénavant. Et qui deviennent de fait « normales » donc acceptables et tout ce qui en est contraire pour le coup inacceptable. C’est ainsi, par exemple, qu’en peu de temps le barycentre de la normalité a bougé, pour ces dames, vers le maillot de bain cinq pièces. La société et la pratique de la religion dans laquelle j’ai grandi changent sans que personne ne s’en émeuve. Entre ceux qui soutiennent ce changement et ceux qui pensent que c’est un juste phénomène ou qu’ainsi va la liberté,on se voile la face au propre comme au figuré. Les télénovelas d'Antonio & Raquel, elles, étaient un phénomène de mode vite passé. Alors que là, la société se métamorphose fondamentalement et surtout fondamentaliste-ment. Puis la sacro-sainte liberté s'arrête là où le n'importe-quoi commence. Sur une radio régionale, un représentant d'un parti politique énonçait la logique suivante: Dieu est au-dessus des hommes donc la loi de Dieu est au-dessus de celle des hommes. De ce fait, ce monsieur bien-pensant accepterait qu'un jour ces filles "simplement" voilées soient jugées par un meilleur-pensant qui estime que Dieu veut que leurs visages soient aussi couverts. La vérité est subjective, la loi est universelle.D'ailleurs, à voir notre société,c'est comme si enfreindre la loi n'était pas illicite(haram) puisque le code de la route n'est pas extrait de la charia et la propreté des villesn'est pas un pilier de l'islam.
 Entre nous… Honnêtement... Un extraterrestre qui atterrit et à qui on explique les valeurs de l’islam : probité, dévouement, bonté, propreté… puis on le laisse observer les peuples du monde. Occultant les minarets, nous classera-t-il parmi almouminine ou almouchrikine ? Là tout de suite, je ne connais pas d’extraterrestre pour faire ce test mais j’ai vu moi-même plus de connivence avec les valeurs de l’islam chez les japonais animistes qu’à la mosquée de mon quartier. Mon coreligionnaire d'entrepreneur a bâclé mon chantier, menti à souhait, empoché l'argent puis parti pour le petit pèlerinage. Au moins c'était son occase pour se laver car il piquait les yeux. Je doute fort que le commun des japonais m'aurait fait ça. Le même imam (celui des mouchrikine), a remercié Dieu de nous avoir accordé l'islam. Si ce n'est ce sentiment de supériorité de celui qui détient la vérité, qu'en a-t-on fait? Quelle image donne-t-on de cette religion? En quoi sommes-nous meilleurs sur terre que les nations mécréantes ?
 Je nuance pour éviter l’amalgame. L’islam n’est pas en cause, c’est sa pratique et ce que ceux qui s’en prétendent en font. L’hooliganisme peut laisser penser que le football, sport captivant, est unepassion violente. Ma première leçon de 'sagesse islamique' au collège était "Tout est licite par essence". Entendu ici, sauf indication contraire et de ce que le bon sens suggère ne vous contraignez pas. Or le tabou ambiant fait qu'on ne remettre rien en cause dès qu'il s'agit de religion. Et au lieu d'y puiser intelligemment sérénité et vertu, le troupeau de moutons de Panurgesuit aveuglément un doxa de rituels et codex désuets...allantvers on ne sait où. Oinchallahaidekom mabrouk!
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