L’Iran attend l’accord qui doit le libérer

Les négociations sur le programme atomique iranien touchent à leur fin à Vienne. Date butoir: aujourd’hui. En Iran, les milieux d’affaires attendent avec impatience un compromis. Il ouvrirait aux investisseurs les immenses richesses du pays. Reportage à Téhéran, où chefs d’entreprise et économistes critiquent vertement les erreurs de gestion du régime islamique.
Les négociateurs avaient jusqu’à 5 heures, ce vendredi matin, pour parvenir à un accord sur le nucléaire iranien. Cette date butoir, déjà reportée à deux reprises, a été fixée comme ultime limite par la Maison-Blanche. Mais, jeudi, on faisait savoir dans la délégation iranienne qu’«aucune date n’était sacrée». Treize jours après leur reprise à Vienne, le sort des pourparlers restait totalement incertain. Barack Obama, pour qui un accord représenterait un succès diplomatique majeur, estimait en début de semaine que les chances de réussite étaient inférieures à 50%.
Alors que la résolution de la crise nucléaire iranienne semblait en bonne voie une semaine plus tôt, les ultimes obstacles techniques sur lesquels planchent les ministres des Affaires étrangères de l’Iran, des Etats-Unis, de la France, de l’Allemagne, de la Russie et de la Chine, avec la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, dans le rôle de facilitatrice, semblent soudain insurmontables. Après douze ans de suspicion sur un programme iranien secret pour développer l’arme nucléaire – ce que nie Téhéran – chaque détail est devenu crucial.
Trois points font toujours obstacle: l’accès aux sites militaires iraniens des agents de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) qui seront chargés de vérifier le programme nucléaire de Téhéran; la durée des restrictions imposées à l’Iran pour développer librement ses activités nucléaires civiles; enfin le rythme de la levée des sanctions internationales.
Pour Téhéran, toutes les sanctions votées par l’ONU devront être levées, y compris celles portant sur l’importation d’armes. Les Européens en ont fait une ligne rouge. Mais Sergueï Lavrov, au nom de la Russie, a fait valoir que l’Iran devait pouvoir s’armer pour «améliorer sa capacité à combattre le terrorisme». L’une des promesses d’un accord serait de permettre la mise en place d’une nouvelle coalition pour stopper la marche de l’Etat islamique. C’est ce qu’a fait valoir dans une tribune publiée par le Financial Times le ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif. Le même homme écrivait jeudi soir sur son compte Twitter: «On ne change pas de cheval au milieu du gué.» Ultime coup de bluff?
Côté américain, John Kerry ne veut pas céder à la précipitation mais indique être prêt «à mettre fin au processus». Le suspense pourrait durer tout le week-end.
Par Frédéric Koller 
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