SwissLeaks: Un scandale mondial de fraude fiscale impliquant de nombreuses personnalités

Les données, analysées par quelque 154 journalistes, portent sur la période allant de 2005 et 2007. Quelque 180,6 milliards d’euros auraient transité sur ces comptes à Genève, cachés entre autres derrière des structures offshore au Panama et dans les îles vierges britanniques, selon les enquêteurs.
Parmi les noms cités dans les différents médias figurent notamment le roi du Maroc Mohammed VI ou le roi de Jordanie Abdallah II. S’y ajoutent de nombreuses personnalités de la mode telle que le mannequin Elle McPherson ou la créatrice Diane von Fürstenberg, du spectacle à l’instar de l’actrice Joan Collins ou encore du sport comme le pilote moto Valentino Rossi.
Environ 60 000 dossiers concernent des personnalités politiques britanniques, russes, ukrainiennes, géorgiennes, kényanes, roumaines, indiennes, mexicaines, philippines, algériennes, etc. Dans ses révélations, Le Monde se penche plus particulièrement sur le cas de Mohammed VI. "La révélation d’un compte ouvert en Suisse au nom du roi [du Maroc] , c'est politiquement sensible", reconnaît le quotidien.
Politique: Qu'est-il reproché à Mohammed VI?
En effet, "il est en principe illégal, pour des Marocains résidant au Maroc, de détenir un compte bancaire à l’étranger", note le journal. Une règle qui s'applique également au souverain Mohammed VI. Or, Le Monde révèle que ce dernier aurait codétenu un compte bancaire "avec son secrétaire particulier, Mounir El-Majidi". A son maximum, il aurait affiché 7,9 millions d'euros. Là encore, un montant "modeste, au regard de la fortune personnelle du monarque estimée (...) à 1,8 milliard d'euros". Interrogés par Le Monde, les avocats du souverain assure qu'"en tout état de cause, toute ouverture de compte bancaire à l’étranger s’est faite dans le strict respect de la réglementation en vigueur au Maroc." 
D'où proviendrait cet argent ? Les enquêteurs du Monde avancent l'hypothèse suivante : il s'agirait des dividendes perçus à l'été 2006 par la Société nationale d'investissement (SNI), groupe privé appartenant à la famille royale. Une SNI lucrative dont ils mettent en doute la validité sur le plan de la Constitution marocaine. 
Le journal suisse Le Temps, un des journaux partenaires pour ces révélations, a mis l’accent sur les personnalités politiquement exposées, évoquant entre autres Rami Makhlouf, cousin du président syrien Bachar al-Assad.
Il cite également l’ancien ministre haïtien Frantz Merceron ou encore l’ancien ministre égyptien du Commerce et de l’industrie Rachid Mohamed Rachid, qui avait été condamné à cinq ans de prison en juin 2011 pour abus de biens sociaux issus des fonds pour le développement du pays.
« HSBC Private Bank (Suisse) a continué d’offrir des services à des clients qui avaient été cités défavorablement par les Nations Unies, dans des documents légaux et dans les médias pour leur lien avec le trafic d’armes, les diamants de guerre ou la corruption », fustige de son côté le consortium des journalistes d’investigation.
Gad Elmaleh et Jacques Dessange épinglés
De nombreuses personnalités sont impliquées selon Le Monde. En France, le journal cite ainsi l’humoriste Gad Elmaleh, qui disposait, d’après le journal, d’un compte faiblement approvisionné à Genève, avec un peu plus de 80 000 euros entre 2006 et 2007. Il aurait régularisé sa situation auprès du fisc français.
Il mentionne ensuite Jacques Dessange, fondateur d’un empire de la coiffure, qui possédait un compte dans la filiale suisse de HSBC sur lequel il aurait eu jusqu’à 1,6 million d’euros entre 2006 et 2007, selon les fichiers auxquels le journal a eu accès. Lui aussi fait partie des clients qui ont depuis régularisé leur situation et s’est acquitté d’une amende, précise Le Monde.
Le secret bancaire en Suisse s’est réduit comme une peau de chagrin, la pression sur les banques s’étant fortement accrue alors que de nombreux gouvernements ont accentué la chasse à l’évasion fiscale.
Sur son site, Le Monde a publié une réponse d’HSBC qui a dit reconnaître les « manquements passés », mais avoir pris depuis plusieurs années de nombreuses initiatives pour empêcher l’utilisation de ses services à des fins d’évasion fiscale ou de blanchiment d’argent.,
Freedom1/Le temps.ch/lematin.ch

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