Affaire des enfants placés pour soupçons de radicalisation des parents en France : La famille à nouveau réunie

Plus de trois semaines après avoir été retirés à leurs parents, soupçonnés de radicalisation, les cinq enfants de la famille Msakni ont enfin rejoint le foyer familial. Mais le père est toujours interdit de quitter le territoire français. La Coordination contre l’islamophobie (CRI) dénonce la violation d’une « liberté fondamentale » et appelle à une plus forte mobilisation pour lever cette restriction et faire condamner les fonctionnaires Détails.
Sur la photo prise par le président de la Coordination contre l’islamophobie (CRI), Abdelaziz Chaambi, Aicha et Meher Msakni sont tout souriants, heureux de retrouver leurs cinq enfants après plus de trois longues semaines.
Ils leur ont été retirés le 29 janvier dernier par les services sociaux, car leur père était - selon l’association - soupçonné de s’être radicalisé et prêt à partir faire le jihad en Syrie. L’homme qui était en Tunisie au moment des faits est rapidement retourné en France, rejetant toutes les accusations de la police et des services sociaux. La famille s’apprêtait à retourner définitivement dans leur pays d’origine.
Mais la presse avait révélé que l’intervention des services sociaux faisait plutôt suite à une plainte déposée contre le père pour violences contre deux adolescents que sa femme a eus dans une première union. Le couple avait publié une vidéo dans laquelle il dénonçait le traitement qui lui avait été réservé par les autorités, surtout que l’un des enfants n’était âgé que de trois mois au moment du placement. Mais il n’a jamais évoqué l’existence d’une plainte.
Mes fils sont super contents, même s’ils n’oublieront jamais cette épreuve
Aicha Msakni s’est adressée aujourd’hui, mardi, aux internautes qui n’ont cessé de leur apporter leur soutien pendant ces dernières semaines. « Toute ma famille et ma belle-famille étaient réunies dans mon appartement pour voir mes fils », confie-t-elle dans le groupe Facebook Ensemble pour Aicha, créé pour la soutenir. « Ils ont bien été accueillis. Ils étaient super contents de ces retrouvailles et ont aussi été très gâtés, même si je pense que c'est une épreuve qu'ils n'oublieront pas et que je n'oublierai pas malheureusement », déplore la jeune maman avant d’admettre tout de même que « le plus important c'est que l'on est de nouveau réuni ».
Les fonctionnaires doivent être condamnés 
Le CRI se réjouit tout autant. Sur Facebook, Abdelaziz Chaambi a décrit « des retrouvailles émouvantes ». « La famille est réunie mais le combat continue », avertit ce responsable associatif. Dans un communiqué de presse, l’ONG demande que « la justice lève les restrictions, sans fondement sérieux, imposées à cette famille ». « La liberté de voyager et de se déplacer est une liberté fondamentale, et il n’y a aucune raison que cette famille et tous ses membres en soient privés », argue l’organisation.
Le collectif contre l’islamophobie en France appelle toutes les âmes sensibles à continuer la mobilisation. Estimant « irrémédiables » les dégâts de « cette injustice » sur les enfants Msakni, l’association juge « indispensable de faire condamner les fonctionnaires zélés et irresponsables qui ont commis ces bavures administratives et judiciaires ».
Par Ristel Tchounand 
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