Comment gouverner le monde dans le grand chaos global?

Anne-Marie Slaughter, ancienne haut fonctionnaire américaine, désormais présidente de la New America FOUNDATION, estime qu’il faut changer de fond en comble les institutions transnationales hérités de la Seconde Guerre mondiale, pour faire face aux menaces du XXIe siècle
Peut-on améliorer un ordre international pour maintenir la paix et permettre aux PAYS de respecter des règles communes? C’est la question que pose Henry Kissinger dans son nouveau livre World Order . Malheureusement, ce n’est pas la BONNE question.
Kissinger définit le terme «ordre du monde» comme un concept d’arrangements internationaux équitables, qui est «considéré comme applicable au monde entier». Avant l’avènement de l’Union européenne par exemple, l’Europe concevait l’ordre du monde comme un équilibre entre les grandes puissances, dans lequel coexistaient plusieurs religions et plusieurs formes de gouvernement.
En tant que civilisation et religion, l’islam envisage l’ordre du monde optimal très différemment: comme un califat où foi et gouvernement sont UNIS et où la paix règne dans le Dar al-Islam, dans la maison de l’islam. Ce n’est certainement pas la conviction de tous les musulmans ni des gouvernements des Etats à majorité musulmane, mais le radicalisme adopté par des groupes comme l’Etat islamique cherche à diffuser non seulement des codes de conduite, mais une vision du monde tout entière.
D’après Kissinger, des conceptions rivales de l’ordre du monde apparaissent non seulement au Moyen-Orient, mais aussi en Asie. La Chine respecte actuellement les règles internationales, mais exprime de plus en plus son intention d’être traitée comme la première parmi ses pairs dans la région (de la même manière que les Etats-Unis ont longtemps insisté sur leur position au sein des Amériques). Mais alors que la Chine s’affirme et revendique ce qu’elle estime être sa position historique en Asie et dans le monde, combien de temps va-t-elle attendre avant d’insister pour refondre les règles internationales?
La Russie enfreint ouvertement ces règles et ne se soucie plus de se justifier par rapport au droit international. Elle se vante de récupérer des territoires autrefois gouvernés par le Kremlin et menace de recourir à la force pour «protéger» des groupes ethniques russes contre de prétendues menaces..
Anne-Marie Slaughter

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