"Pause" ou la figure du loser magnifique en musique

Parmi les sorties cinéma de la semaine, la comédie "Pause" du réalisateur vaudois Mathieu Urfer,
"Ana Arabia" d'Amos Gitaï pour la paix au Moyen-Orient et Nicole Kidman prise au piège de sa mémoire dans "Avant d'aller dormir".
Le réalisateur, musicien et scénariste de la série CROM de la RTS, le Vaudois Mathieu Urfer, signe avec "Pause" son premier long-métrage, présenté au festival de Locarno en août dernier.
"Pause" est une comédie douce-amère qui vénère la figure du loser magnifique. Sami (Bapstiste Gilliéron, jeune diplômé de La Manufacture), musicien et trentenaire désinvolte, partage sa vie depuis quatre ans avec Julia (Julia Faure), brillante juriste.
Alors que Sami peaufine son duo de country avec Fernand (André Wilms), son pote de 78 ans, Julia travaille pour une start-up au patron séduisant.
Justesse du jeu et finesse du script
Si la complicité entre Fernand et Sami est au beau fixe, la vie avec Julia devient de plus en plus compliquée. Avec le temps, la désinvolture qui faisait le charme de Sami s’est retournée contre lui. Et Julia, qui semble séduite par Lionel, son nouveau patron, propose à Sami de faire une pause...
L'exubérant Fernand se mue en conseiller conjugal et Sami décide de composer une chanson pour récupérer sa belle.
Tourné entre Lausanne et le Tessin, le premier film de Mathieu Urfer, qui en a aussi composé la musique, se distingue par sa fraîcheur et sa finesse d'écriture dont l'émotion sonne juste.
"Ana Arabia" déroule l'espoir
Filmé en un seul plan-séquence de 85 minutes, "Ana Arabia" du réalisateur israélien Amos Gitaï capte une séquence de vie d'une petite communauté de réprouvés, juifs et arabes, qui cohabitent dans une enclave à la frontière entre Jaffa et Bat Yam, en Israël.
Yael, une jeune journaliste, leur rend visite. Elle vient enquêter sur la vie de Hannah, une femme juive récemment décédée, dont le mari est musulman.
Au fil des témoignages, elle découvre une galerie de personnages qui lui prouvent qu'une cohabitation est possible. Une métaphore universelle qui dépasse les frontières et les préjugés.
Amos Gitaï, un réalisateur engagé
"Ana Arabia" ("Je suis une Arabe") est une fiction politique et engagée qui ne moralise pas pour autant le spectateur. La caméra se faufile dans un lieu unique pour en révéler les peines et les douleurs, laissant se dérouler l'histoire sous les yeux du public.
Le film d'Amos Gitaï, dont l'oeuvre de plus de 80 long-métrages fait l'objet d'une rétrospective à la Cinémathèque de Lausanne jusqu'en décembre, est sorti en Israël en octobre 2013.
Soit bien avant que la situation au Moyen-Orient ne s'embrase. L'actualité récente ne fait que donner plus de poids au message de paix du film.
Les clichés du labyrinthe de la mémoire
Christine (Nicole Kidman) est affectée d’un cas rare d’amnésie. Chaque matin, elle se réveille sans se souvenir de rien. Elle écoute son mari (Colin   Firth) lui expliquer qu'elle a subi un accident il y a quatorze ans. Mais sur conseil de son médecin, elle commence à tenir un journal vidéo en secret.
"Avant d'aller dormir" du réalisateur anglais Rowan Joffé (scénariste de "28 Weeks later", 2007) explore le labyrinthe de la mémoire à la façon d'un "Mémento" (Christopher Nolan, 2000) mais en beaucoup moins convaincant.
Si les acteurs sont excellents, le scénario est trop cliché pour surprendre.
Par Sophie Badoux
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