Lalla Meryem Mint Moulaye Idriss, candidate de la parité

Les principaux candidats à la présidentielle mauritanienne Parmi eux, Lalla Meryem Mint Moulaye Idriss fait campagne pour "l'égalité sociale" et la parité. Portait d'une mère de famille de 57 ans qui fait campagne sans moyens, mais avec conviction.
Chaque soir, c'est le même rituel. Dans les quartiers les plus défavorisés de Nouakchott, Lalla Meryem Mint Moulaye Idriss prend place sous la khaïma ("tente"), au milieu de petits groupes s’étant réunis pour elle. À El Mina, une vingtaine de femmes a veillé tard pour l’attendre. "C’est la seule qui s’est déplacée pour venir nous voir, regrette l’une d’entre elle, Oumou. Même si les politiques ne viennent chez nous que lorsqu’ils sont en campagne, j’apprécie qu’elle fasse l’effort de comprendre notre situation."
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Lalla Meryem Mint Moulaye Idriss, 57 ans, se veut proche des Mauritaniens. Pas de grands meetings, mais du porte-à-porte. "Je cherche à aller directement au contact des gens, confie-t-elle, peinant à masquer sa fatigue après presque quinze jours de campagne. Je discute avec eux de mon programme, j’écoute leurs doléances." Financée sur ses fonds personnels, elle n’a pas vraiment le choix. "Je n’ai reçu aucune subvention de l’État, assure-t-elle. Je ne peux pas me permettre de partir en tournée à l’intérieur du pays, ou d’organiser de grandes réunions." Novice en politique, cette mère de quatre enfants qui fait de "l’égalité sociale" sa priorité, a surtout besoin de se faire connaître. Avant de se présenter à la présidentielle, elle était encore une parfaite inconnue pour les Mauritaniens.
Carrirère discrète
Directrice adjointe du cabinet de Maaouiya Ould Taya, de 1987 à 1995, Lalla Meryem Mint Moulaye Idriss a mené une carrière discrète dans l’administration. Pendant plus de vingt ans, elle a été secrétaire générale de différents ministères (équipement et transport ; mines et industries ; commerce et relations avec le Parlement). Depuis 2007, elle préside le Conseil d’administration de l’Agence mauritanienne d’information (AMI), média officiel du pays. Alors forcément, sa candidature pose la question de son indépendance vis-à-vis du pouvoir.
Pour ses détracteurs, elle aurait bénéficié de signatures de conseillers du parti de la majorité, l’Union pour la république (UPR), pour que son dossier soit recevable. "Ma démarche résulte d’un acte souverain et personnel, sans aucune interférence extérieure, se justifie-t-elle. En tout cas, si je suis une candidate du pouvoir, je le répète : je n’ai bénéficié d’aucune aide, ni matérielle ni financière, aussi bien de l’État que des hommes d’affaires affiliés à ce dernier."
Mais Lalla Meryem Mint Moulaye Idriss rencontre d’autres difficultés. Elle n’est que la deuxième femme à briguer la magistrature suprême depuis l’instauration du multipartisme en 1991. Alors elle s’est heurtée à beaucoup de résistances. "Être une femme qui a l’ambition d’être présidente, ce n’est pas facile dans notre société, commente Nana, l’un des membres de son équipe de campagne. Pourtant, ni la Constitution, ni notre religion ne nous l’interdit." Lalla Meryem Mint Moulaye Idriss l’assure, elle se battra pour que les Mauritaniennes obtiennent enfin la parité : "il est prouvé que la femme a des qualités qui n’ont rien à envier à celles des hommes."
Par Justine Spiegel 
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