Cannes 2014 : Foxcatcher «un film sur le déclin de l'Amérique»

Le réalisateur de Moneyball et de Truman Capote est en compétition avec Foxcatcher, un drame intense et magistralement interprété.
Après Truman Capote et Moneyball, le réalisateur Bennett Miller s'inspire une nouvelle fois d'une histoire vraie pour son nouveau film Foxcatcher, applaudi ce matin par la presse au Festival de Cannes. Il y raconte la terrible épopée de John E. du Pont, sponsor d'une équipe de lutte assoiffé de pouvoir, qui finit par assassiner, après l'avoir recruté, le champion olympique Dave Schultz. À l'issue de la projection, le réalisateur est revenu pour les journalistes sur la genèse du film, sur l'écriture du scénario et sur son tournage.
Une conférence de presse placée sous le signe de l'émotion. Le réalisateur n'a pu réprimer quelques larmes quand une journaliste a mentionné le nom de Philip Seymour Hoffman, disparu tragiquement en février dernier, avec qui Miller a travaillé sur Truman Capote. L'équipe du film a aussi parlé avec beaucoup d'affection du lutteur Mark Schultz (interprété par Channing Tatum) et de la famille de son frère Dave (Mark Ruffalo), présents sur le tournage.
«J'ai passé beaucoup de temps avec le vrai Mark, a expliqué Channing Tatum. J'étais à la fois très reconnaissant de pouvoir le connaître et terrifié.» Mark Ruffalo, a poursuivi: «C'était très intense pour lui, il a dû revivre cette situation tragique. Pour nous, il y avait une approche journalistique, on se renseignait beaucoup.» Une situation d'autant plus complexe pour Steve Carell, interprète du fascinant personnage de John du Pont.
Un film «expérience»
«C'était une situation embarrassante», a témoigné l'acteur de la série The Office, «quand j'ai rencontré la famille de Mark, j'étais grimé sur le tournage. J'ai lu tout ce que je pouvais sur le sujet, il y avait beaucoup d'écrits et de documents vidéos. Ce sont des gens formidables qui ont tout à fait compris ce qu'on voulait faire avec ce film.» Pour jouer le rôle principal, Miller n'a pas hésité longtemps à choisir Steve Carell, plus habitué à des rôles comiques (40 Ans, toujours puceau) qu'aux drames. «Benett m'a expliqué ce qu'il voulait faire avec son film, a raconté l'acteur. Le résultat ressemble exactement à ce dont nous avons parlé ce jour-là.»
Pour Miller, le film est avant tout «une expérience.» «Chaque scène ne montre que la face visible de l'iceberg. On a travaillé avant tout sur les températures, les ambiances, les couleurs.» Même s'il refuse de donner les clés de son film, il a expliqué aux journalistes le lien avec le déclin de l'Occident. «C'est aussi un film sur l'Amérique. Quand j'ai entendu parler de cette histoire, je l'ai trouvée bizarre et absurde, et en même temps familière, elle est liée à l'histoire de notre pays. Ce n'est pas un film qui prend une position morale ou politique mais il parle pour moi du déclin du monde. J'aime parler de problèmes très larges en regardant dans un microscope.»                                                Par Pauline Le Gall
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