Le « Mouvement du 20 février », ce printemps qui ne voulait pas mourir !

Deux ans après son déclenchement, ce dont on  faisait la chronique annoncée, il y a encore quelques mois, s’avère aujourd’hui, une certitude absolue : la monarchie marocaine et l’administration du Makhzen, sont plus puissants que jamais et les moyens indécents que ces deux partenaires s’autorisent, continuent à leur faire peser de tout leur poids, sur les acteurs d’une arène politique réduite à sa plus simple expression.
Discours du 9 mars, nouvelle constitution et élections ne furent jamais qu’un  lamentable remake de la partition que joue le régime, pour reporter sine die, sa mutation. Procrastination coupable, mâtinée d’hypocrisie et de mauvaise foi, au service d’un bien mauvais film. Un navet, au scénario grotesque, éculé à force d’avoir été visité, même s’il nous faut, cette fois-ci, concéder une palme. Celle de la pire des distributions connues à ce jour, avec l’entrée en lice de Benkirane, si obséquieux envers le dictateur et si médiocre dans la conduite des affaires du pays, que la chefferie du gouvernement lui va comme une paire de lunettes à un cheval. Une erreur de casting qui coûte au Maroc et la honte et le bas du classement de tous les indices.
Au parlement, supposé abriter des contre-pouvoirs et qui n’a guère démérité en matière de médiocrité, les empoignades de façade dissimulent bien mal la sordide réalité de ces représentants du peuple très peu concernés par l’intérêt public et dont certains traînent d’infâmes casseroles qui auraient du les conduire à s’expliquer devant leurs pairs, sinon devant des juges.
 
Mais si la monarchie, le Makhzen et les élites politiques, sont pour grande part, les faiseurs du fiasco, la société civile n’en porte pas moins une part non négligeable de responsabilité. Son silence et sa passivité en font la complice objective de ce trio infernal. Les occasions de s’indigner n’ont, pourtant, guère manqué, car là où il faudrait un siècle pour cumuler autant de turpitudes et de crimes, le régime marocain et ses suppôts les ont accomplis d’un trait, en quelques années.
Salah Elayoubi
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